Le déconfinement tant attendu se profile, et l’on s’aperçoit non seulement que rien n’est simple, mais que tout a l’air bien plus compliqué que prévu… Le risque est à la fois sanitaire, économique et social. En Île-de-France, alors que 5 millions de voyageurs utilisent les transports publics chaque jour, ils ne sont que 500 000 actuellement. C’est peu, mais déjà beaucoup trop sur certaines lignes et à certaines heures, si l’on en croit les photos publiées sur les réseaux sociaux par des conducteurs inquiets du respect de la distanciation sociale.
Alors que les masques continuent à manquer pour les professionnels exposés, il est paradoxal de voir autant de quidams en porter dans la rue. Il va donc falloir cheminer sur la ligne de crête, en adaptant au jour le jour les circulations, pour transporter un maximum de gens sans les mettre en danger. Cette gestion sur mesure et millimétrée ne pourra se faire qu’avec du personnel chargé de faire respecter les consignes, et des outils numériques performants permettant de dimensionner l’exploitation.
Tout ceci a un coût, qui dépendra des paramètres retenus et de la doctrine à respecter, en espérant qu’elle ne change pas trop souvent. Ces dépenses supplémentaires viendront encore accentuer le déséquilibre économique des services de transport public. C’est le prix de la sécurité sanitaire, indispensable au rétablissement des transports publics… Mal maîtrisée, cette sortie de confinement pourrait accroître encore une défiance naissante à l’égard des transports en commun. À moins que tout le monde reprenne le chemin du travail ou de l’école à vélo, ou en voiture…
