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Appli StopCovid: un outil, mais pas « la » solution

L’application de traçage numérique à la française ne servira à rien si d’autres mesures bien plus efficaces et gourmandes en ressources ne sont pas mises en œuvre au préalable. L’intervention humaine est indispensable, notamment pour l’élimination des biais.

La France devrait avoir sa propre application de traçage numérique, StopCovid, capable de prévenir les personnes qui ont été en contact avec un malade testé positif, a indiqué le 8 avril Cédric O, le secrétaire d’État au Numérique. Ce dispositif, dont les contours restent encore à définir, viendrait en complément d’autres mesures préalables comme le maintien des gestes barrière, la généralisation des tests et du port du masque, ces deux derniers points relevant encore du vœu pieux après l’allocution présidentielle du 13 avril. StopCovid, qui sera optionnelle, devrait s’appuyer sur la technologie Bluetooth, qui permet aux Smartphones d’identifier d’autres appareils à proximité dans un rayon de 2 à 10 mètres, même dans les espaces souterrains (métro), et sans récolter des données de géolocalisation, comme le fait le GPS.

Vie privée.

« L’application retracera l’historique des relations sociales qui ont eu lieu dans les jours précédents, sans permettre aucune consultation extérieure, ni transmettre aucune donnée », tient à rassurer Cédric O. Le Gouvernement s’appuiera sur le travail du consortium de chercheurs Pan-European Privacy-Preserving Proximity Tracing (PEPP-PT), qui prétend au respect de la vie privée (RGPD) et au partage des meilleures pratiques, tout en visant une application utilisable dans toute l’Union européenne. Des entreprises privées pourraient être mobilisées. Google et Apple ont indiqué le 10 avril qu’elles s’associaient pour développer la technologie de recherche des contacts Covid-19 pour les organismes de santé gouvernementaux, à partir de la technologie Bluetooth. Plusieurs entreprises et start-up européennes devraient également proposer leur technologie d’ici quelques semaines, à l’instar de l’initiative CovidIA qui mise sur le machine-learning. Reste que ces applications, qui pourraient être opérationnelles d’ici quelques semaines, pourraient voir leur efficacité très vite limitée.

Diffusion.

Il faudrait que 60 % – au moins – de la population utilise l’application pour qu’elle s’avère efficace, estime Mounir Mahjoubi, l’ancien secrétaire d’État au Numérique, dans une note destinée aux députés. Un seuil difficile à atteindre avec une application présentée pour l’instant comme optionnelle. À Singapour, seuls 15 % des habitants ont installé l’application TraceTogether qui sert de modèle de référence. « Une solution alternative serait de rendre l’installation obligatoire, au détriment toutefois des libertés individuelles », risque Mounir Mahjoubi. Sans oublier les 23 % de la population française qui ne disposent pas de Smartphone.

Renfort humain.

La fonction Bluetooth n’est souvent pas active par défaut sur les téléphones, il faut donc songer à l’enclencher. De plus, l’approche par Bluetooth va peut-être générer des « faux positifs » en croyant que deux personnes se sont côtoyées longuement, alors qu’elles étaient séparées par un mur dans deux appartements distincts, ou bien chacune dans une voiture à un feu rouge. « Il faut rajouter des vérificateurs humains dans la boucle pour corriger les erreurs et rechercher des contacts plus étroits », explique Jason Bay, le directeur technique de l’application de traçage de Singapour TraceTogether. À Wuhan, plus de 1 800 équipes d’épidémiologistes, composées de cinq personnes minimum, ont tracé des dizaines de milliers de contacts par jour, précise un rapport d’experts de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Rapporté à la population française, cela représenterait environ 60 000 vérificateurs.

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