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Déconfinement: les transports en commun délaissés?

Selon une étude Ipsos menée en Chine après le pic de Covid-19, les usagers préfèrent délaisser les transports en commun au profit de la voiture individuelle. À Paris, la Ville va miser sur la création de pistes cyclables temporaires pour privilégier le vélo.

Lorsque l’heure du déconfinement approchera, les usagers risquent d’avoir de l’appréhension à emprunter les transports en commun. C’est du moins ce qui ressort d’une étude conduite par l’institut d’études de marché Ipsos auprès de 1 620 citoyens chinois, fin février. Deux personnes interrogées sur trois déclarent préférer leur propre voiture aux transports en commun, soit deux fois plus qu’avant l’épidémie de Covid-19. Les voitures privées sont ainsi passées de la troisième à la premièreplace en matière de mode de transport préféré (choix préféré à 66 % contre 34 % avant le Covid-19), tandis que les bus et les métros ont rétrogradé dans les mêmes proportions (choix préféré à 24 % contre 56 % avant le Covid-19). Les deux-roues ont conservé la deuxième place avec la même préférence (45 %). Les taxis conservent la quatrième place malgré une baisse d’affections (15 % contre 21 % avant le Covid-19), et les VTC souffrent beaucoup plus (12 % contre 21 %). Les locations de voitures et de véhicules partagés progressent (5 % contre 3 %). Ces résultats concordent avec les données fournies par la régie des bus de Shenzhen qui indiquait une fréquentation de 50 % après le confinement. « En raison de l’épidémie, les gens vont repenser la façon dont ils se déplaceront à l’avenir », explique l’étude. Ainsi, les deux tiers des personnes interrogées qui ne possèdent pas de véhicule actuellement souhaitent acheter une voiture dans les six prochains mois, avec l’idée de se protéger contre les infections.

En France aussi, de nombreux usagers pourraient être légitimement enclins à privilégier leur véhicule personnel pour se déplacer. Qui aura envie de s’enfermer dans un bus, dans un métro ou dans un RER bondé aux heures de pointe avec une densité proche de quatre voyageurs (même masqués) au mètre carré? Le déconfinement ne sera pas massif, mais progressif. Le recours au télétravail pourrait être l’une des pistes envisagées pour les grosses agglomérations, tout comme le décalage des horaires d’arrivée.

Pistes cyclables temporaires

Pour désengorger les transports en commun, les municipalités semblent privilégier l’usage du vélo, en condamnant certains axes de circulation à son profit. Un mode qui permet de conserver ses distances, et de se sentir plus en sécurité (à condition de garder son masque pour pédaler). De nombreuses villes, comme Berlin, Boston ou Vancouver, ont déjà commencé à élargir la taille des pistes cyclables, ou à en créer sur la chaussée, pour donner plus de place aux vélos. Le Cerema vient même de publier un guide pour réaliser des pistes cyclables temporaires. Emmanuel Grégoire, premier adjoint à la maire de Paris, envisage de transformer temporairement des boulevards en pistes cyclables, décourageant un peu plus la circulation automobile. Au risque, peut-être, d’élargir encore plus la fracture de mobilité. Les vélos en plein air pour les Parisiens, le télétravail pour les cadres, et le RER pour tous ceux qui n’auront pas d’autre choix que de venir travailler? Ces derniers étant souvent les mêmes qui occupent toutes les fonctions exposées dans les secteurs jugés prioritaires…

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Auteur

  • G. H.
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