En imposant des mesures de distanciation sociale dans les transports, le Premier ministre, Édouard Philippe, est allé à l’encontre des attentes des transporteurs. La mise en œuvre de ces principes pose de nombreuses questions, alors que l’approvisionnement en masques est tout juste garanti.
Dans la première phase de trois semaines, qui débutera le 11 mai, le redémarrage des transports urbains va être soumis à des mesures rigoureuses, dont la distanciation sociale devrait être le maître-mot. « La capacité du métro parisien sera (…) drastiquement réduite par rapport à sa capacité normale », a précisé le Premier ministre, Édouard Philippe, le 28 avril. Le Gouvernement suit l’exemple italien, où ce régime s’applique au métro de Milan. Dans un courrier adressé le 17 avril à Matignon, les patrons de trois grands opérateurs, Jean-Pierre Farandou (SNCF-Keolis), Catherine Guillouard (RATP) et Thierry Mallet (Transdev), avaient pourtant tenté de dissuader le Gouvernement d’en passer par là. Les gestes barrière réduiraient de 80 % la fréquentation dans ses métros, bus, et tram selon la RATP. Sans compter les difficultés d’application et de respect de la mesure. « S’il faut organiser les flux, réserver les transports à certaines heures à certaines populations, nous accompagnerons les autorités organisatrices de transport », a poursuivi le Premier ministre, sans préciser comment.
En revanche, l’obligation du port du masque fait l’unanimité. Autre élément de la panoplie, du ressort des employeurs, l’incitation ferme à continuer le télétravail quand c’est possible et à étaler les heures d’arrivée des salariés. Quant aux voyageurs, ils sont priés de laisser les heures de pointe aux seuls salariés. Baisse de la demande d’un côté, mais hausse de l’offre de l’autre: c’est le pari pour éviter l’affluence. À Paris, l’offre de la RATP devrait, le 11 mai, remonter à 70 %, avant de revenir « rapidement » à son niveau habituel, souhaite le chef du Gouvernement.
Quant aux cars scolaires, étant donné la réouverture des écoles, ils devraient circuler dès le 11 mai. Mais comment assurer la distanciation sociale? Lignes de cars SLO, liaisons TGV et Intercités, et dessertes TER dans une certaine mesure sont les perdants de la phase transitoire. Pour éviter la circulation du virus: « Nous allons continuer à réduire l’offre, à exiger une réservation obligatoire dans tous les trains, TGV ou non, à décourager les déplacements entre départements », a indiqué le Premier ministre. Il faudra une attestation pour les voyages dépassant 100 kilomètres.
