Le mouvement en faveur des pistes cyclables temporaires s’est accompagné de l’émergence d’un terme jusqu’ici assez peu connu du grand public: l’urbanisme tactique. Cette démarche prône l’appropriation des espaces publics par et pour les habitants. Une approche qui fait la part belle à la concertation… donc pas évidente à mener à bien en période de confinement, puisque les consultations se font par visioconférence entre les pouvoirs publics et les représentants des associations de cyclistes. Reste à savoir comment seront évalués les aménagements mis en place. Gageons aussi que l’urbanisme tactique donnera des résultats dans les urnes, aux second tour des municipales.
Que ce soit à Paris, Lyon, Lille, Toulouse ou Bordeaux, les pistes cyclables temporaires s’annoncent comme une des solutions incontournables du déconfinement. Mais les représentants des cyclistes comme les défenseurs de l’environnement insistent sur la nécessité de soutenir l’ensemble du « système vélo ». Le réseau Action Climat réclame ainsi la création d’un fonds d’urgence vélo. Mais au-delà du montant des subventions, les défenseurs des deux-roues demandent de la cohérence. « Il faut une réflexion globale sur la pertinence des itinéraires cyclables. Sinon, le risque est qu’ils ne soient pas assez utilisés. Or, le vélo constitue une mesure de protection contre la contagion, assure Olivier Schneider, président de la FUB. Il faut aussi utiliser le délai qui nous sépare du 11 mai afin de permettre aux gens de se préparer, en faisant réparer ou réviser leur vélo. » Une demande entendue par les pouvoirs publics, qui vont accorder une subvention de 50 euros aux particuliers pour l’entretien de leur vélo.
