« Il n’y a plus d’après… » chantait Juliette Gréco. À l’heure où se dessine le « monde d’après », cette mélancolie rêveuse du début des années 1960 nous semble aujourd’hui bien enviable. Pas question pour nous d’aller déguster un café crème, à Saint-Germain-des-Prés ou ailleurs. Flâner dans les rues de Paris ou de n’importe quelle ville de France reste inenvisageable, et le retour de la douceur de vivre semble un horizon toujours repoussé. Le déconfinement attendu et préparé avec tant de soin a surtout apporté de l’amertume, et la douloureuse prise de conscience des conséquences concrètes du Covid-19. « Il va falloir apprendre à vivre avec le virus », avait déclaré le Premier ministre le 28 avril. Vivre?
Certains n’auront d’ailleurs peut-être même pas l’occasion de faire l’apprentissage du monde d’après. Pour des centaines de PME autocaristes, les dégâts collatéraux de l’épidémie sont déjà là. Alors que le Gouvernement vient de présenter un « plan Marshall » de soutien au tourisme, qui devrait mobiliser 18 milliards d’euros de fonds publics, rien n’a été prévu pour venir en aide aux entreprises privées actives dans le transport occasionnel, les excursions touristiques et les dessertes SLO. Après avoir contribué à relancer l’attractivité de l’autocar, les « cars Macron » auront donc fait long feu… laissant au passage le plus gros des charges aux transporteurs. De leur côté, les développeurs de plateformes digitales pourront toujours se reconvertir dans le tourisme virtuel et la réalité augmentée. Bienvenue dans la startup nation! Post-covid.
La sortie du confinement permet à Bus&Car Connexion de retrouver son format imprimé à partir du prochain numéro, daté du 5 juin 2020.
