Pour les autocaristes italiens, l’avenir ressemble désormais à un énorme point d’interrogation. Décryptage de la situation avec Massimo Fiorese, administrateur délégué de trois sociétés, Linea S.p.A (transports publics), Conan Srl (tranports urbains) et Martini Bus Srl (transports touristiques).
Massimo Fiorese: Nous avons une flotte de quelque 200 autobus et 280 chauffeurs. Au chapitre des activités touristiques, tout a commencé à s’enrayer avec le début de l’épidémie le 22 février dernier. Nous avons ensuite complètement éteint les moteurs le 9 mars, avec l’adoption du confinement à l’échelle nationale. Nous sommes le dernier maillon de la chaîne touristique, et si tout s’arrête, nos autocars doivent rester au garage. En ce qui concerne les transports publics, nos activités ont chuté d’environ 70 %.
M. F.: Jusqu’à présent, nous avons réussi à limiter la casse car nous avons les reins solides. Notre flux de trésorerie nous permet de tenir environ deux mois. Nous avons réduit les dépenses, puisque nous ne circulons plus ou très peu. Une partie du personnel a été placée au chômage technique, même si l’État n’a pas encore pris les salariés en charge et que nous avons dû avancer les sommes qui doivent être payées par la caisse de chômage et une partie des salaires. Une autre partie est en congés. Je peux en revanche faire une estimation des pertes au niveau du chiffre d’affaires: Martini Bus Srl, qui réalise environ 3,5 M€ par an, a quasiment perdu 600 000 euros durant les deux derniers mois. Le Gouvernement a promis d’aider les secteurs en crise, mais pour le moment…
M. F.: En ce qui concerne la partie touristique, nous encaissons actuellement les factures envoyées il y a trois mois. Par conséquent, les entreprises subiront les véritables contrecoups de la crise dans quelques mois. Il est certain que les plus fragilisés vont payer le prix fort. Au chapitre du transport public, la distanciation va entraîner une baisse du taux de fréquentation, et par conséquent une diminution des recettes.
