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Allemagne: le ras-le-bol des autocaristes

Les autocaristes multiplient les manifestations dans les grandes villes d’Allemagne, pour reprendre le travail. Les fédérations du secteur ont développé un concept sanitaire qui devrait minimiser les risques de transmission du virus.

Le ministre des Transports Andreas Scheuer a entendu la colère des PME du transport en car. Le 13 mai, le ministre annonçait vouloir soumettre au ministère des Finances le principe d’une enveloppe de 170 millions d’euros d’aides pour un secteur au bord du gouffre. La scène se répète un peu partout dans le pays depuis fin avril. Une cinquantaine de cars fantômes, sans voyageurs, roulent au ralenti pour alerter l’opinion et les autorités. À Hambourg, Munich, Berlin, Cologne ou Dresde, des cars ont défilé devant les bâtiments abritant les autorités régionales, portant des banderoles telles que « Nous voulons reprendre le travail » ou « Laissez-nous rouler ». Les entrepreneurs, souvent des PME, réclament l’autorisation de reprendre leur activité, suspendue avec la crise du coronavirus, mais aussi un plan de soutien plus adapté à leurs besoins que les crédits accordés par le Gouvernement aux entreprises de plus de onze salariés. Les conséquences financières de la crise ne portent pas que sur la perte d’activité des seuls mois de mars et d’avril, rappellent les fédérations du secteur. La plupart des réservations du printemps avaient été signées à l’automne 2019. Les entreprises ont ainsi dû rembourser la quasi-totalité du chiffre d’affaires réalisé depuis septembre dernier, à l’heure où arrivaient les factures pour les frais de catalogues ou de publicité déjà engagés pour la saison 2020. « Des milliers d’entreprises familiales sont au bord de la faillite, souligne le patron de la fédération bavaroise des transports en car, Stephan Rabl. L’ensemble de la flotte est immobilisé depuis huit semaines, sans rentrées financières, et sans aucune perspective de retour à la normale. Nous n’enregistrons aucune réservation, mais devons rembourser les clients, tout en faisant face aux frais de fixes. Les aides reçues jusqu’ici ne suffisent pas. Les voyages en car doivent pouvoir reprendre en même temps que les hôtels seront autorisés à rouvrir leurs portes. »

Chaque Land reprend à son rythme

L’Allemagne a décidé début mai un lent retour à la normale. Mais la chancelière et les Länder se sont aussi mis d’accord pour régionaliser la gestion de la crise. Concrètement, chaque Land va décider à son rythme de rouvrir les hôtels et de relancer le tourisme. La côte baltique veut rouvrir ses hôtels en juin, à raison d’un taux d’occupation de 60 %. La Bavière veut rouvrir fin juin, avec un taux d’occupation des établissements de 50 % maximum. Les trois fédérations du secteur du voyage en car, bdo, RDA et gbk ont présenté un plan d’hygiène commun aux autorités allemandes, afin d’accélérer un retour à la normale de leur activité. « La santé des voyageurs et des salariés est une priorité absolue, rappellent les trois fédérations dans un communiqué transmis au Gouvernement. Les voyages en car présentent des conditions idéales de voyager en petits groupes, dans des conditions bien définies. » Le plan préparé par les fédérations prévoit le nettoyage régulier des véhicules, l’attribution de sièges fixes à reprendre après les pauses, et l’organisation des entrées et des sorties de voyageurs, qui devront pour leur part porter un masque pour monter à bord ou sortir du car. Il prévoit également le port obligatoire du masque par le personnel, le port de gants pour la distribution de boissons ou de snacks, le respect d’une distance de 1,50 mètre avec les passagers et la multiplication des arrêts, afin de renouveler l’air à bord du véhicule.

14,3 Mds€ de CA en 2019

Le secteur des voyages en car compte quelque 3 600 entreprises en Allemagne, dont 3 400 dans le voyage touristique, avec un total de 19 000 véhicules et 81 millions de passagers par an. En 2019, le secteur a réalisé un chiffre d’affaires de 14,3 Mds€. 34 millions de nuits d’hôtel et 240 000 emplois dépendent directement de l’industrie du car en Allemagne.

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Auteur

  • Nathalie Versieux
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