En première ligne depuis le début de la crise, les Régions ont engagé 1,7 milliard de dépenses exceptionnelles pour faire face. La perte de ressources liée à la crise du Covid-19 s’élève à 1 milliard d’euros sur 2020, et pourrait atteindre 3 ou 4 milliards en 2021, selon Renaud Muselier, président de Régions de France. Ces évaluations ne prennent pas en compte le milliard de manque à gagner d’Île-de-France Mobilités. Sur le volet des transports et de la mobilité, les Régions ont largement soutenu les transporteurs dans le cadre des contrats de service public.
L’ensemble des collectivités locales, qui portent plus de 70 % de l’investissement public, va continuer à accompagner le tissu économique dans la période de reprise. Toutes (Régions de France, ADF, AMF, France urbaine, AdCF, APVF, Villes de France et AMRF) ont demandé à l’État un dispositif d’évaluation partagé permettant d’objectiver les dépenses exceptionnelles et les pertes de recettes en lien avec la crise sanitaire. Bercy pourrait décider d’isoler les dépenses exceptionnelles dans un « budget Covid », de manière à ne pas pénaliser les équilibres budgétaires des collectivités.
En comparaison avec la communication parfois brouillonne de l’État, et les errances sur la question des masques, les Régions sont apparues beaucoup plus efficaces dans la gestion de la crise du Covid-19. Un argument de poids pour rééquilibrer les compétences. Paradoxalement, alors que le vote de la loi 3D (décentralisation, déconcentration, différenciation), qui devait intervenir au premier semestre, est retardé par la pandémie, elle se concrétise sur le terrain.
