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Outre-Rhin des transports en commun largement désertés

Le port du masque est obligatoire dans les transports en commun en Allemagne. Le pays a été jusqu’ici relativement épargné par la crise du coronavirus, et l’opinion se lasse des mesures de sécurité, pourtant largement respectées par les voyageurs.

Plusieurs milliers de personnes ont manifesté le 9 mai dans les grandes villes allemandes contre les mesures de sécurité imposées par les autorités pour lutter contre l’épidémie de coronavirus. À Stuttgart, 3 000 personnes, en partie dépourvues de masques, ont réclamé le retour à la normale et la fin du port du masque obligatoire dans les magasins et les transports en commun. Le mouvement se développe à travers le pays. Mais dans les transports en commun, il reste marginal. « 95 % des personnes portent un masque, dans bien des stations ce sont même 98 à 99 %. Nous ne constatons pratiquement aucune entorse délibérée à la règle », explique la ministre des Transports de Bavière, Kerstin Schreyer. Le civisme est mis en avant par la plupart des compagnies de transports en commun, même si les contrôles existent. « Nous faisons appel à la raison, rappelle Klaus Holetschek, secrétaire d’État aux Transports de Bavière. Le personnel rappelle en permanence les règles par haut-parleur. Mais nous avons aussi du personnel supplémentaire et la police, qui se livrent à des contrôles dans les rames de métro, dans les bus, mais aussi dans les centres d’accueil pour voyageurs et dans les stations. »

Pertes colossales redoutées

Fin avril, Angela Merkel et les ministres présidents des Länder s’étaient mis d’accord sur quelques règles d’assouplissement du confinement. Le port du masque était alors notamment rendu obligatoire dans les transports en commun, sur les quais et aux arrêts de bus, ainsi que dans les commerces. Le confinement a depuis encore été allégé par étapes. Les écoles ont rouvert dans le pays, mais la plupart des enfants ne retourneront que deux ou trois jours dans leur établissement d’ici les grandes vacances. Les usines ont en partie repris la production, mais l’essentiel des salariés du tertiaire continuent à travailler depuis chez eux. Le taux d’occupation des réseaux de transport en commun reste très inférieur à la normale, notamment aux heures de pointe. À Berlin, ville la plus peuplée du pays avec 4 millions d’habitants, la fréquence de circulation des métros, bus et tramway a été légèrement revue à la hausse, pour faciliter le respect des règles de distanciation sociale. Nulle part le taux de fréquentation des transports ne rend impossible le respect d’un écart de 1,50 mètre entre deux passagers, et la plupart des bus sont quasiment vides. « Ceux qui le peuvent circulent à vélo plutôt qu’en transport en commun », rappelle la porte-parole de la compagnie des transports berlinois, BVG. « Nous avons nettement moins de voyageurs dans les bus qu’en temps normal, mais nous maintenons tout de même la fréquence du réseau », confirme Guntram Pehlke, de la compagnie des transports de Dortmund, DSW21.

Le coronavirus pourrait coûter jusqu’à 35 millions d’euros à la compagnie des transports en commun de Brême, BSAG. « Dans le meilleur des cas, la compagnie perdra au minimum 18 millions d’euros », estime la secrétaire d’État aux transports de la ville, la Verte Maike Schafer. « La BSAG perd aujourd’hui 150 000 à 170 000 euros par jour de recettes sur les titres de transport. Qui va payer la facture? » se demande la secrétaire d’État, qui refuse l’idée d’une hausse des tarifs pour combler les pertes. « Les pertes colossales liées à la pandémie doivent être prises en charge par l’État fédéral », insiste Maike Schaefer. Comme à Brême, la grogne monte du côté des ministres des Transports des Länder, qui craignent de se retrouver seuls face à une ardoise considérable d’au moins 5 milliards d’euros pour l’ensemble des sociétés de transports publics à travers le pays, selon les calculs présentés par la ministre des Transports de Sarre, Anke Rehlinger. « Le nombre des usagers a chuté de 70 à 90 % selon les villes, alors qu’à la demande de l’État fédéral nous avons maintenu le niveau de l’offre à près de 100 % », rappelle la ministre, pour justifier l’appel à l’aide adressé à Berlin.

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  • N. V.
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