Depuis le 2 juin, notre pays est donc entré dans une nouvelle phase de l’après-crise. Mais doit-on réellement qualifier cette période d’après-crise? La circulation de l’épidémie ralentit et la situation sanitaire se détend. La menace de la contagion s’éloigne, et laisse place aux conséquences de la mise à l’arrêt d’une grande partie de l’économie française et européenne pendant deux mois. Le retour à la normale (ou à une nouvelle normalité) va s’effectuer progressivement. Et l’on découvre peu à peu l’ampleur des dégâts: augmentation du chômage, chute du PIB, dégringolade du moral des ménages… Dans sa dernière note de conjoncture, l’institut Xerfi souligne que seulement 40 % des entreprises estiment retrouver leur fonctionnement à pleine capacité en fin d’année.
Prophètes et experts nous exhortent à reconstruire un monde meilleur. Belle idée! D’ailleurs tout le monde est d’accord pour vivre mieux, dans l’harmonie et le respect, tout en faisant du bien à son prochain et à la planète. Mais sans baguette magique, il faut gérer la transition, la construire et la financer. À l’heure où les transports publics évaluent leur manque à gagner à 4 milliards d’euros, un plan vélo, même avec une enveloppe triplée de 20 à 60 millions, peut-il suffire à éviter le pire? Quant aux autocaristes qui ont perdu toute activité occasionnelle et touristique, doivent-ils simplement espérer des jours meilleurs et reprendre leurs dessertes SLO avec des véhicules remplis à 50 %? « Quoi qu’il en coûte », avait répété le président de la République, Emmanuel Macron, le 12 mars dernier, assurant que tout serait fait pour sauver les entreprises françaises. Il ajoutait aussi que notre modèle de développement était à revoir. Le moment est venu de définir un nouveau cap.
Dominée par l’incertitude, la période qui s’ouvre devrait être avant tout celle des possibles. Le rôle des régions et des intercommunalités durant la crise sanitaire, la restriction des déplacements de longue distance, la relocalisation redonnent des couleurs à la proximité et aux territoires. La sortie du confinement, c’est le retour de la relation, le moment de réconcilier réseaux physiques et numériques. À condition d’en avoir les moyens.
Avec la fin du confinement, Bus&Car Connexion reprend sa parution imprimée. Toute l’équipe de Bus&Car Connexion remercie ses lecteurs, ses annonceurs et ses partenaires pour leur soutien. Ensemble, nous allons continuer à relayer, chroniquer, animer et faire vivre l’actualité des transports et de la mobilité.
