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Le trafic reprend doucement entre France et Luxembourg

En temps normal, 100 000 Français passent chaque jour la frontière pour aller travailler au Grand-Duché du Luxembourg. Seuls un peu plus de 10 % prennent le train. Après le déconfinement, les flux ont bien diminué, tant sur l’autoroute que dans les trains. Alors même que les transports publics sont désormais gratuits dans tout le pays.

D’ordinaire, il ne fait pas bon se retrouver sur l’A31 aux heures de pointe. Les conducteurs sont habitués aux embouteillages sur cette autoroute qui mène de France au Luxembourg. « En ce moment, c’est supportable. Rien de comparable à ce que l’on vit habituellement », constatait Pascal Peuvrel lorsqu’il a pu reprendre le chemin du travail le mois dernier. « La majorité des personnes travaillant dans les banques, les fiduciaires et les consultants en informatique sont en télétravail à 90 %! », explique le président de l’association des frontaliers au Luxembourg, qui épaule ceux qui travaillent au grand-duché dans leurs démarches administratives, fiscales, juridiques et leurs besoins en formation. Le confinement aura donc levé des freins car la mise en place du télétravail se heurtait à la sécurisation des données, mais aussi à la fiscalité.

« Au Luxembourg, les chantiers de construction ont redémarré le 20 avril », rappelle Pascal Peuvrel. Puis, le 4 mai a eu lieu la première étape du déconfinement, avec la reprise des commerces et celle, progressive, des transports publics. Dès lors, les autorisations n’étaient plus nécessaires pour passer la frontière. Chacun est tenu de porter un masque et de respecter une distance de 2 m avec autrui. La porte avant des cars reste fermée et il n’y a pas de vente de billets à bord.

« Il y a eu un effort concret et réel de l’État pour fournir des masques aux résidents et aux frontaliers avec des points de distribution gérés par l’armée », explique Pascal Peuvrel. Du 11 au 24 mai, douze sites de distribution de masques chirurgicaux existaient, où chaque frontalier pouvait recevoir 50 masques. Au préalable, une distribution avait été effectuée par la poste aux habitants du grand-duché, ainsi qu’aux entreprises.

Masques et dépistage

Chacun peut se faire dépister gratuitement, sur ordonnance médicale. À l’aéroport, un projet-pilote de testing Covid-19 est mené depuis le 29 mai. « Toute personne arrivant au Luxembourg par voie aérienne recevra un bon valable plusieurs jours pour se faire tester dans un laboratoire d’analyses médicales », communiquent le ministère de la Mobilité et des Travaux publics, la direction de la Santé et Lux-Airpor. De plus, « une station de test que Lux-Airport a installée dans l’aérogare permet aux passagers en provenance d’autres aéroports de se faire tester directement sur place ».

En cas de résultat positif, une procédure de mise en isolement est appliquée, ainsi qu’un traçage des contacts au Luxembourg, et l’information est relayée au pays de résidence du malade.

La durée initiale du projet est d’un mois, soit jusqu’à fin juin, « afin d’évaluer l’opportunité d’élargir le testing à d’autres “portes d’entrée” du pays », précise le ministère.

La grande nouveauté est la gratuité dans les transports en commun, entrée en vigueur début mars dans tout le pays. Mais avec la pandémie, les usagers n’en ont pas encore profité.

À compter du 25 mai, les transports urbains et interurbains ont repris progressivement, ainsi que les lignes scolaires, en s’adaptant aux horaires des établissements. De même que le trafic régulier inter-frontalier: la navette Gare Lorraine Express s’est adaptée à la reprise des TGV, et le nord de la Lorraine est desservi par une ligne de cars à destination de Longwy. Une autre relie Arlon et Bruxelles en Belgique. Vers l’Allemagne, la navette Luxembourg Saarbrücken Express circule sept fois par jour.

ERTMS: le chantier avance

Les Chemins de fer luxembourgeois (CFL) ont renforcé leur offre à partir du 11 mai pour garantir deux trains par heure et par ligne, avec une deuxième phase de renforcement le 25 mai, surtout aux heures de pointe. La reprise du trafic s’accompagne de celle des travaux, essentiellement de nuit, aussi les CFL ont organisé un service de cars de substitution.

Quant à la SNCF Grand-Est, elle se préparait à la reprise depuis fin avril, en évaluant notamment la demande avec le rectorat et la Chambre de commerce et d’industrie. Sur les dix axes sensibles répertoriés dans la région, la ligne Nancy-Luxembourg est de loin celle qui concentre le plus de trains: 118 par jour. La SNCF ciblait 60 à 65 % des TER au démarrage.

« Depuis le 27 avril, le travail a repris à pleine charge dans les centres de maintenance », communique la SNCF Grand Est, pour un retour à une disponibilité complète du parc en quatre à cinq semaines. Un autre problème se greffe: depuis le 1er janvier, seules les rames équipées du système européen de gestion du trafic ERTMS peuvent circuler au Luxembourg. La France n’était pas prête, aussi les CFL avaient pallié en début d’année en ajoutant des trains luxembourgeois sur la ligne. « La direction des Transports de la Région Grand-Est espère revenir au plan transport initialement prévu, avec douze rames équipées de l’ERTMS. Et la SNCF maintient son objectif de mettre les 25 en circulation fin juin-début juillet. »

Reprise progressive

En plus des distributions de masques et du nettoyage renforcé en gares comme dans les trains, la sécurité veille. Jean-Michel Galek, un usager, l’a constaté le premier jour où il est retourné à Luxembourg ville. Sorti sur le quai à Thionville où son train marquait un arrêt assez long, il a eu la mauvaise idée d’abaisser son masque et s’est fait rappeler à l’ordre par des agents SNCF.

Lui qui emprunte cette ligne depuis des années entre Maizières-les-Metz et Luxembourg ville, appréhendait: « J’avais beaucoup de réticence à reprendre ce train habituellement en surcharge. » Mais le 4 mai au matin (après avoir constaté l’annulation de son TER de 6 heures), il découvre des rames vides. « C’était un train des CFL, très propre, j’avais une voiture quasiment pour moi tout seul », se souvient-il. Du jamais vu. Même chose le soir au retour, dans une rame SNCF. « Dans ces conditions je ne m’expose pas, c’est rassurant. » Début juin, il y avait un peu plus de monde, « mais personne debout et les consignes étaient respectées ». Un siège sur deux est condamné.

Pour autant, une fois parvenu à la gare de Luxembourg ville, Jean-Michel Galek ne prend plus le bus pour rejoindre son étude. « Je préfère marcher, ce n’est qu’à 10 min. »

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Auteur

  • Charline Poullain
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