Faire revenir en même temps les voyageurs dans des TER quasi vides et les recettes dans des caisses asséchées, ce serait l’idéal. Mais pour les régions et la SNCF, le scénario du post-confinement consiste à attirer « à tout prix » le public, selon l’expression de Franck Lacroix, directeur général adjoint territoire de la SNCF. Avec « TER de France », opération promotionnelle nationale dévoilée le 12 juin, le transporteur ferroviaire et ses financeurs régionaux sont à deux doigts de céder à la tentation de gratuité, à l’instar de certaines AO pour le transport urbain.
La vente massive de billets entre 1 et 10 euros en juillet et août ne va pas améliorer le taux de couverture des coûts par les recettes. Il est d’ordinaire assez faible, plus bas que dans les pays voisins comme l’Allemagne, la Suède ou la Suisse. Et la Cour des comptes s’en inquiète régulièrement: « Sur le plan national, les recettes directes (1,03 Md€) ne couvraient en 2017 que 25 % des coûts d’exploitation (4,1 Md€), et même seulement 12 % du coût complet (intégrant le coût des infrastructures et des investissements: 8,5 Md€) », écrivait la Cour des comptes en 2019, dans un audit consacré à l’activité TER sur 2012-2017. Depuis cette date, avec la reprise du trafic et des efforts gestion de la SNCF, le taux de couverture s’était un peu amélioré. Avec la crise du Covid-19, c’est l’effondrement.
