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Maintenance.

Marseille rénove sa rotonde pour faire place au TGV

Ouvrage d’art datant de 1889, désaffecté depuis de nombreuses années, la rotonde de Pautrier, située à l’extrémité de la gare Marseille-Saint Charles, a repris du service en mars dernier après trois années de travaux de restauration et de modernisation et un investissement de 26 M€. Voué à la maintenance légère et au nettoyage des TER, le site, inauguré le 17 juin par les deux cofinanceurs, la Région sud et SNCF Voyageurs, permettra de décongestionner Saint-Charles.

Accueillis sous les banderoles des organisations syndicales des cheminots qui dénoncent l’ouverture à la concurrence des lignes TER à marche forcée de la Région Sud, pionnière en France, Renaud Muselier, président du conseil régional, et le PDG de la SNCF, Jean-Pierre Farandou, ont inauguré, le 17 juin, le centre de maintenance TER de Marseille-Pautrier. Si l’imposante coupole de verre a disparu depuis longtemps, les magnifiques charpentes métalliques ont fait l’objet de travaux de rénovation et d’isolation. Huit voies de remisage dont une de maintenance et cinq quais de service ont été aménagés. Une fosse de 110 m de long avec passerelle de visite des TER a été construite et un poste d’aiguillage spécifique installé. En service depuis début mars, cette antenne du Technicentre de La Blancarde a nécessité un investissement de 26 M€, et 2 M€ pour le financement des études.

Intégration de la ligne nouvelle au contrat de plan

Pautrier permet de libérer le lieu de remisage actuel, dans la perspective de l’aménagement de la future ligne à grande vitesse Marseille-Nice. « Ce nouvel espace de remisage, de nettoyage et de maintenance pour TER se présente comme un aménagement préparatoire indispensable aux grands travaux de reconfiguration du nœud ferroviaire marseillais et de création de la ligne nouvelle Provence Côte d’Azur. Ce site permettra d’assurer la maintenance des rames circulant sur la ligne Marseille-Toulon-Nice, d’assurer la désinfection et le nettoyage quotidien des rames dans le cadre des mesures sanitaires pour lutter contre la Covid-19, de préparer les travaux de la gare souterraine en libérant du foncier a` la surface, d’améliorer l’exploitation du service avec une maintenance plus efficace et plus rapide au centre du nœud ferroviaire marseillais », explique Renaud Muselier, qui se bat pour l’intégration du projet de ligne nouvelle au contrat de plan État-Région.

Le président de la Région Sud est revenu sur les relations houleuses qu’il entretient depuis quatre ans avec la SNCF pour redresser la qualité de service sur le réseau régional: « Nous avions le service le plus mauvais de France avec 20 % de trains et retard, 10 % des trains supprimés et 18 % de fraude. Nous passons au tribunal depuis deux ans et pour l’instant, nous gagnons. Désormais nous n’avons plus que 1 % de trains annulés et 90 % des trains arrivent à l’heure. La fréquentation des trains a progressé de 14 %. »

Concurrence: la SNCF candidate, parmi d’autres…

Si le président de la SNCF a choisi Provence-Alpes-Côte d’Azur pour démarrer son tour de France des régions et annoncer la création au 1er juillet de coordinations régionales, c’est notamment en raison de la procédure d’ouverture à la concurrence de certaines lignes TER. « Nous allons tout faire pour conserver l’exploitation des lignes. Je sais néanmoins qu’il faut être humble et que nos tarifs soient attractifs », ajoute l’ancien patron de Keolis. La procédure suit son cours, les candidats ayant remis leurs dossiers fin avril. Le cahier des charges sera publié à l’été 2020 et les noms des trois finalistes seront connus en février 2021, pour une attribution des lots à l’été suivant et une mise en service en 2024. Le premier lot porte sur les lignes Marseille-Toulon-Nice, et le deuxième concerne les axes Les Arcs-Draguignan-Nice-Vintimille, Cannes-Grasse et Nice-Tende.

Par ailleurs, Renaud Muselier a rappelé les derniers investissements de 315 M€, annoncés fin mars 2020, dans la modernisation des matériels ferroviaires. Cette somme sera répartie dans l’achat de dix rames neuves sur l’axe Marseille-Toulon-Nice (180 M€), la transformation de neuf trains diesel en train batteries (19 M€), la modernisation de 23 trains (60 M€) et l’achat de huit nouvelles rames dédiées aux Chemins de fer de Provence (60 M€). « Aux côtés de cinq régions de France, nous avons commandé des rames à batteries. Les premières circuleront entre Aix et Marseille », a-t-il ajouté.

Différend sur les effectifs

« Nous voulons que ce soit la SNCF qui remporte le marché afin de conserver un système ferroviaire au service des usagers. L’ouverture à la concurrence n’a rien donné en Grande-Bretagne… Pire, ils réfléchissent à renationaliser. Celui qui remportera l’appel d’offres sera mieux rémunéré que la SNCF aujourd’hui! C’est une fumisterie », a dénoncé le 17 juin François Tejedor, secrétaire général régional de la CGT Cheminots en PACA. Aux côtés de l’Unsa, FO, CFDT, Sud Rail, la CGT dénonce également les conséquences de l’ouverture à la concurrence sur les effectifs. « Il y a un désaccord: le conseil régional veut récupérer 500 des 700 cheminots de la région. Si nous basculons dans le privé, nous risquons une compression des effectifs », détaille François Tejedor. Un différend porté le 28 novembre dernier devant l’autorité de régulation des transports.

La négociation de branche n’ayant pu aboutir, le cadre légal prévoit qu’en cas d’attribution d’un lot à un opérateur alternatif, les cheminots seront invités à changer d’entreprise sur la base du volontariat. Si le nombre de candidats est insuffisant, les cheminots affectés à plus de 50 % sur une ligne transférée seraient affectés d’office au nouvel opérateur…

Green deal: coup de pouce au fret ferroviaire

« La part de marché du fret ferroviaire n’est que de 9 % en France contre 30 % dans d’autres pays européens. L’Europe nous encourage dans le cadre du Green Deal et nous travaillons sur un plan volontariste du fret ferroviaire en France qui a de l’avenir grâce à la présence des ports et corridors européens. Les décideurs veulent combiner relance de l’industrie et protection de la planète », a détaillé le président de la SNCF, Jean-Pierre Farandou.

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Auteur

  • Nathalie Bureau du Colombier
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