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À Grenoble, Area ouvre grand la voie aux cars et au covoiturage

Sans le vouloir, le concessionnaire autoroutier Area, filiale alpine d’APRR, a le sens du timing électoral. Dans la ville de l’écologiste Éric Piolle, réélu le 28 juin, l’exploitant fait de la place aux modes de transports qui offrent une alternative à l’autosolisme. Ses innovations concernent 8 kilomètres de l’A48 dans le sens Lyon-Grenoble, dans sa section gratuite. Elle constitue une des routes d’entrée – par l’ouest – dans la cuvette grenobloise, frappée par une pollution récurrente aux particules. Depuis juin, les transports collectifs, qui ont droit depuis 2007 à une voie réservée sur la bande d’arrêt d’urgence, peuvent y circuler à toute heure. « Jusqu’à mai, elle était activée uniquement aux heures de pointe », détaille le concessionnaire Area. Elle est donc « devenue accessible en permanence aux lignes de bus autorisées à y accéder ». De 4,2 km au départ, sa longueur a été doublée en 2014.

Ce n’est pas tout. Un autre aménagement de la voirie autoroutière est au programme, concrétisant une nouveauté permise par la Loi d’orientation des mobilités (Lom). À partir de septembre, la voie de gauche, c’est-à-dire la voie rapide, sera dédiée au covoiturage aux heures de pointe, ce qui devrait donner un coup d’accélérateur à cette pratique. « À l’affichage du losange blanc sur le panneau lumineux qui sera installé sur la voie, cette file devient la voie réservée au covoiturage, indique Area qui se pose comme le pionnier en France. En fait, l’accès sera élargi à d’autres utilisateurs: les taxis, mais aussi les véhicules à très faibles émissions. Le tout-venant du trafic n’aura donc droit qu’à une seule voie pour circuler. Même vitesse limitée à 50 km/h pour tous. »

Comment effectuer le contrôle-sanction? Au démarrage, il restera assez rudimentaire, fondé sur un contrôle visuel des forces de l’ordre, seules habilitées à la faire. Le critère pour être en règle: être au moins deux à bord. Le Code de la route, qui intègre désormais le covoiturage, prévoit 90 € d’amende si on paie sur le champ, sinon 135 €. Évidemment, les panneaux à message variables aideront à faire de la pédagogie. Pour la suite, « les forces de l’ordre sont en cours de réflexion sur le système de contrôle-sanction sur cette voie », explique le concessionnaire autoroutier. On s’achemine en fait vers un contrôle automatisé, autorisé par la Lom.

D’ailleurs, un test est en cours: un capteur installé sur le terre-plein central permet, grâce à un logiciel, d’analyser le taux d’occupation des véhicules, à l’avant et à l’arrière. Il s’agit d’évaluer la fiabilité du dispositif, de jour comme de nuit,et en fonction de la météo. Cette nouvelle génération de capteur s’appuie sur la technologie dite de « deep-learning » ou auto-apprentissage. Le groupe APRR a mené une première expérimentation concluante sur l’A6, à Mâcon. Les autoroutes urbaines de Marseille et Lyon pourraient être les prochains terrains d’expérimentation pour des voies de covoiturage similaires.

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Auteur

  • Marc Fressoz
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