À l’instar de l’ensemble des transports publics, Île-de-France Mobilités a vu son équilibre financier mis à mal par la crise de la Covid-19. En additionnant les pertes liées au versement mobilité (1 milliard d’euros), et les pertes de recettes de billetterie (1,6 milliard), le budget de fonctionnement devrait être amputé de 2,6 milliards d’euros cette année, à comparer aux 6,89 milliards dépensés en 2018. À la fois présidente de la Région et présidente d’Île-de-France Mobilités, Valérie Pécresse s’est émue de la réponse apportée par l’Éat à ses demandes de soutien: 425 millions d’euros sont inscrits dans le projet de loi de finances rectificative. « Nous attendons que l’État se saisisse du sujet », a-t-elle déclaré, le 8 juillet, après avoir entériné, lors d’un conseil d’administration d’IDFM, la suspension des paiements aux deux principaux opérateurs franciliens, la RATP et la SNCF, soit 200 millions mensuels chacun. Ce coup de pression permettra-t-il de débloquer la situation? Valérie Pécresse assure avoir contacté à ce sujet le nouveau Premier ministre, Jean Castex.
Au-delà de la conjoncture liée à la pandémie, Île-de-France Mobilités se trouve dans une trajectoire financière tendue. Selon un rapport publié en juin par la cour régionale des comptes, il manquera plus d’un milliard d’euros par an à l’autorité organisatrice francilienne pour assurer son fonctionnement, à partir de 2023. « Cette évolution résulterait d’une hausse des coûts d’exploitation due principalement à la mise en service des lignes cofinancées par l’État et la Région dans le cadre des CPER et des lignes du Grand Paris Express, mais aussi aux renforts d’offre prévus par Île-de-France Mobilités. De plus, l’acquisition des matériels roulants correspondant à ces nouvelles lignes et l’accélération du renouvellement du parc existant devraient provoquer un important pic d’investissement entre 2020 et 2025 », précise le rapport.
Avant la crise sanitaire, les perspectives économiques permettaient un certain optimisme. Île-de-France Mobilités tablait sur « une croissance soutenue du versement transport (+ 3,4 % par an en moyenne) et de ses recettes tarifaires (+ 3,6 % par an) ». « Île-de-France Mobilités estime même que, si les opérateurs réalisaient des gains de productivité lui permettant de réduire ses contributions de 33 M€ par an, aucune hausse tarifaire ne serait nécessaire à horizon 2030 », poursuit le rapport. Dans cette perspective, et avec la contrainte supplémentaire des effets post-Covid, on peut imaginer que le renouvellement des contrats RATP et SNCF sera âprement discuté.
