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Laurence Batlle, présidente du directoire de RATP Dev

« Nous voulons faire du Grand Paris Express une vitrine de la maintenance digitale »

Bus&Car Connexion: RATP Dev a annoncé une alliance avec le singapourien Comfort DelGro dans l’appel d’offres pour l’exploitation d’un lot de 50 km sur les lignes 16 et 17 du Grand Paris Express. Pourquoi ce choix?

Laurence Batlle: Quand on s’intéresse à un nouveau projet dans une nouvelle infrastructure, on s’interroge toujours sur la création de valeur la plus pertinente que l’on va apporter aux AO et aux voyageurs, en considérant ce que RATP Dev peut apporter, et ce que peuvent apporter des partenaires éventuels. Comfort DelGro est un acteur international de la mobilité, très présent sur le métro automatique, dont celui de Singapour qui a une excellente réputation en matière de qualité de service client, de qualité de service opérationnel, de propreté.

BCC: Quelle est la clé de répartition dans le consortium, auquel participe également Alstom?

L. B.: RATP Dev est majoritaire et la très grande majorité de ce consortium est française avec Alstom, Comfort Delgro détenant le reste.

BCC: Alstom était dans le consortium Keolis-RATP Dev pour CDG Express… C’est l’assurance du succès?

L. B.: Nous avons travaillé avec Alstom sur le tram de Casablanca, ceux d’Algérie… nous nous sommes alliés avec eux sur l’appel d’offres de Dubai. Tant Alstom que Comfort Delgro et nous-mêmes sommes en train de développer des approches innovantes en matière de maintenance digitale et de maintenance prédictive. Il nous a semblé pertinent de mettre en commun nos expertises pour faire du Grand Paris Express une vitrine de la maintenance prédictive et de maintenance digitale.

BCC: Sur le marché du TER, RATP Dev est allié avec Getlink (maison mère d’Eurotunnel) dans une combinaison public-privé…

L. B.: C’est une alliance privée-privée, parce que RATP Dev, certes filiale de la RATP, est une entreprise privée. D’ici à 2025, beaucoup de Régions préparent des expérimentations qui peuvent représenter près d’un milliard d’euros de chiffre d’affaires sur cette période. Getlink est légitime sur l’exploitation ferroviaire en France, et sur l’entretien de l’infrastructure. RATP Dev l’estpour l’exploitation et la maintenance de systèmes dédiés à des voyageurs.

BCC: Vous êtes alliés sur deux régions (Grand Est et Hauts-de-France). Irez-vous seuls ou ensemble ailleurs?

L. B.: L’avenir le dira. En tout cas, nous avons choisi de ne pas répondre à l’appel d’offres de Provence-Alpes-Côte d’Azur, car nous sommes trop peu implantés localement. C’est un élément important de notre stratégie: pour pénétrer un marché, il faut avoir déjà des relations avec les acteurs locaux.

BCC: Quelle est votre stratégie sur le marché Optile?

L. B.: Nous sommes plutôt en offensif sur ce marché, où nous avons actuellement moins de 10 % de part de marché. Nous procédons à une analyse complète des différents lots qui sont en train d’être mis en concurrence pour déterminer sur lesquels nous nous positionnerons.

BCC: La suite, c’est l’ouverture des lignes Transilien. Quelle sera votre approche?

L. B.: Île-de-France Mobilités a décidé d’accélérer le calendrier, nous allons arrêter notre stratégie dans les prochains mois.

BCC: Pourrait-on imaginer une alliance avec la SNCF-Keolis, comme sur CDG-Express, pour permettre aux groupes historiques de garder leur périmètre?

L. B.: Une chose est sûre, nous choisirons le moment venu la stratégie la plus adaptée. Seuls ou accompagnés.

BCC: Quelles leçons tirez-vous de la crise sanitaire?

L. B.: D’abord, celle de l’humilité. Personne ne pouvait prévoir que cette crise éclaterait partout dans le monde. RATP Dev a été confrontée en quelques semaines à l’entrée en crise de chacune de nos 106 opérations dans les douze pays où nous sommes présents. Nous ressortons de cette crise avec la conviction profonde que l’engagement de toutes nos équipes, notre agilité, nous ont permis de faire face à toutes les situations. Évidemment, cette crise sanitaire a une répercussion financière importante. En France comme à l’international, je constate la volonté farouche des pouvoirs publics de sauver le transport public et d’éviter le retour massif de la voiture.

BCC: Vous venez d’annoncer le gain de trois contrats pour exploiter des autocars aux États-Unis. Vous les avez remportés sur un business model caduc, du fait de la crise sanitaire. Comment faire?

L. B.: Les business models aux États-Unis peuvent être assez différents des modèles de DSP françaises. Aux États-Unis, l’opérateur ne supporte pas le risque trafic. C’est plus sécurisant, mais il faut que dans le contexte de cette crise de la Covid-19, l’autorité organisatrice soit solide financièrement.

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