Nommé vendredi 3 juillet par le président de la République, Emmanuel Macron, le nouveau Premier ministre incarne à la fois les mérites de la haute fonction publique et le terroir. À la fois énarque et maire de Prades, petite commune des Pyrénées-Orientales, Jean Castex est censé parler à la fois aux élites parisiennes et aux ruraux. L’accent gersois de ce natif de Vic-Fezensac saura-t-il atténuer la fracture entre la France des territoires et les cercles du pouvoir? En tout cas, le nouveau Premier ministre est un bon connaisseur des transports publics, puisqu’il a été chargé de la mise en place du service minimum.
Il est aussi passionné du patrimoine ferroviaire, au point d’avoir consacré un ouvrage au petit train jaune de Cerdagne. Son équipe gouvernementale compte 16 ministres de plein exercice, et 14 ministres délégués, avec peu de changement parmi les poids lourds. « Agir pour l’environnement n’est pas une option, c’est une obligation », avait déclaré Jean Castex dans une interview au Journal du dimanche, le 5 juillet. Cette inflexion écologique est incarnée par Barbara Pompili, qui prend la suite d’Élisabeth Borne au ministère de la Transition écologique, alors que cette dernière prend celui du Travail, de l’Emploi et de l’Insertion. Adhérente des Verts depuis 2000, Barbara Pompili est députée de la 2e circonscription de la Somme. Elle a été secrétaire d’État en charge de la Biodiversité dans les gouvernements Valls et Cazeneuve, de février 2016 à mai 2017. Jean-Baptiste Djebbari, auparavant secrétaire d’État aux Transports, conserve les mêmes responsabilités avec le statut de ministre délégué. Parmi les premiers dossiers à traiter pour Barbara Pompili et Jean-Baptiste Djebbari: les conséquences financières de la crise sanitaire pour les transports publics. Les autorités organisatrices, Régions, intercommunalités mais aussi Départements pour les transports adaptés, demandent à l’État de les soutenir, afin de pouvoir maintenir une offre de transports attractive, alors que les équilibres budgétaires ont été mis à mal par la baisse du versement mobilité et par l’effondrement des recettes commerciales. Les principaux acteurs de la mobilité (Fnaut, FNTV, Gart, Régions de France, TDIE et UTP) ont adressé, le 7 juillet, un courrier au Premier ministre pour insister sur la nécessité d’un plan de sauvetage pour les transports publics.
