Les Rapides du Poitou ont repris du service le 11 mai avec un protocole post-déconfinement. L’activité réduite ne l’empêche pas de poursuivre sa politique de réduction des gaz à effet de serre, avec une flotte 100 % diesel. Mais, avec les conséquences de la Covid-19, l’entreprise aura-t-elle encore les moyens de poursuivre ses efforts?
Autocariste historique du département de la Vienne, les Rapides du Poitou ont vu le jour en avril 1933. Implantée depuis sa création à Poitiers, l’entreprise compte aujourd’hui 155 véhicules dont 130 cars et 20 autobus. « Nous employons 168 personnes pour un chiffre d’affaires de l’ordre de 9,5 millions d’euros l’an dernier », précise Éric Étienne, directeur de la société depuis seize ans. Avec 3,5 millions de kilomètres effectués chaque année, elle partage son activité entre le transport scolaire et les lignes régulières, deux activités qui représentent plus de 70 % de son chiffre d’affaires. « Nous effectuons également un peu de tourisme, ainsi que de la sous-traitance pour Vitalis, société de transports en communs de Poitiers. »
Autre motif de satisfaction, l’entreprise a été la première à ratifier, à l’échelle de l’ancienne région Poitou-Charentes, la charte d’engagement volontaire pour la réduction du CO2. Formation à l’écoconduite, prime de maîtrise des consommations pour les conducteurs, proposition de véhicules plus petits lorsque c’est possible… cet engagement a permis à la société d’éviter le rejet de 108 tonnes de CO2 en dix ans. Mais, contrairement à ce que l’on aurait pu croire, cette diminution n’a pas entraîné de baisse de consommation de carburant: « Avec la montée en gamme des véhicules, la climatisation, les équipements TPMR, des cars plus lourds (13 mètres), un Euro 6 qui consomme plus que l’Euro 3… nous avons juste réussi à juguler les augmentations du prix du gazole; en revanche, nous avons diminué les émissions de particules », constate Éric Étienne, qui note néanmoins une hausse de la durée de vie des plaquettes de frein, un matériel qui vieillit mieux et une baisse des accidents, notamment grâce à une conduite plus souple, et basée sur l’anticipation. « Nous allons étudier si nous devons aller plus loin dans cette démarche, et tenter d’obtenir le label Objectif CO2. En effet, il faut bien mesurer ce que ce label va impliquer, et si les efforts d’investissement sont compatibles avec des appels d’offres aux budgets de plus en plus serrés. »
Aujourd’hui, si les transports ont repris avec le déconfinement, il faut bien reconnaître que l’entreprise tourne presque à vide. En effet, l’activité est à zéro en ce qui concerne les voyages périscolaires et les groupes. Et même sur les lignes régulières et scolaires, ce n’est pas la foule des grands jours. « Nos véhicules transportent entre 0 et 5 passagers alors qu’en temps normal, nous tournons à 40 ou 50 voyageurs », déplore Éric Étienne, qui pointe une méfiance de la clientèle, et ce malgré le protocole mis en place par la société.
L’entreprise
3 500 000 kilomètres
par an
7 lignes régulières
Vienne et Indre
8 lignes urbaines
en contrat de partenariat avec Vitalis
17 services
urbains scolaires
1 service de transport
de personnel
69 circuits de transport scolaire
sur trois départements
Si les Rapides du Poitou n’ont pas encore franchi le pas des énergies alternatives, la question reste d’actualité. « Nous devrions déménager le dépôt dans les années qui viennent. À ce moment, nous étudierons la question des nouvelles motorisations afin d’équiper le nouveau dépôt des structures nécessaires », déclare Éric Étienne, directeur de la société.
