Le grand sud est le troisième secteur en France où vient d’être déployée une plateforme de coordination des services et infrastructures ferroviaires. L’idée est d’harmoniser les besoins de tous les acteurs le long de la transversale sud Bordeaux-Toulouse-Marseille. avec un pilotage étatique.
Inspirée de travaux menés cette année dans la vallée de la Seine et le Nord de la France, la plateforme ferroviaire Grand Sud a vu le jour cet été. « Nous souhaitons mettre en cohérence et améliorer les projets de services pour les voyageurs, mieux maîtriser et diminuer les impacts des travaux sur les circulations de trains et rendre plus performantes les circulations de fret », indique Étienne Guyot, préfet de la région Occitanie et de la Haute-Garonne. Ce dernier est également préfet coordinateur de la transversale sud Bordeaux-Toulouse-Marseille, colonne vertébrale de la nouvelle structure.
La plateforme de coordination services et infrastructures ferroviaires, de son nom complet, est « une gouvernance, un regroupement d’acteurs », explique Benoît Lemozit, conseiller mobilité à la préfecture d’Occitanie. À savoir les trois conseils régionaux Nouvelle-Aquitaine, Occitanie et Paca, SNCF réseau, des acteurs du fret et la société Oc’Via, gestionnaire du contournement Nîmes-Montpellier. Le tout piloté par l’État.
Tous devraient se réunir deux fois par an pour suivre le schéma directeur de la transversale sud et l’évolution de la structure à grande vitesse du Sud, soit le grand projet Sud-Ouest Toulouse-Bordeaux et ceux des nouvelles lignes Montpellier-Perpignan et Provence Côte d’Azur. Sans oublier le fret et les trains de nuit. Et ce, en tenant compte des besoins des voyageurs, du fret, des autorités organisatrices des mobilités (à savoir l’État, les conseils régionaux et SNCF Réseau), de la modernisation des infrastructures et des matériels roulants. « Il y a trois grands objectifs: obtenir des performances importantes dans les circulations, mieux structurer les services et infrastructures et mieux maîtriser l’impact des travaux », reprend Benoît Lemozit. Et ce, à l’horizon 2025, 2030 et au-delà.
« Cette plateforme, créée pour identifier les moyens et les perspectives de cette ligne, a beaucoup de sens, nous allons suivre cela de près, assure Jean-Luc Gibelin, vice-président de la Région Occitanie en charge des Infrastructures de transport et des Mobilités. L’intérêt est de créer les conditions pour qu’il y ait un support et un soutien à la ligne transversale Bordeaux-Marseille. Nous y sommes très attachés car, pour nous, ce n’est pas seulement une transversale, c’est un lien à l’intérieur de la Région. » En Occitanie, Montauban, Toulouse, Carcassonne, Narbonne, Montpellier et Nîmes sont desservies.
Quelques jours avant le comité d’installation, la commission permanente de la Région Occitanie / Pyrénées-Méditerranée avait acté 9,3 M€ pour finaliser les études et la poursuite des acquisitions foncières sur les lignes à grande vitesse Bordeaux-Toulouse et Montpellier-Perpignan. La présidente Carole Delga soulignant au passage l’exaspération des élus locaux quant à la lenteur de l’État en la matière…
Une semaine plus tard, c’est Jean-Luc Gibelin, vice-président en charge des Transports, qui montait au créneau pour la sauvegarde du train de nuit Paris-Toulouse. Lorsque ce dernier arrive à Brive, une partie décroche vers Rodez (Aveyron), et après Toulouse, les usagers peuvent aller vers Latour-de-Carol en Ariège ou vers Cerbère dans les Pyrénées-Orientales. « On ne peut pas sortir de la pandémie et du confinement sans verdir les politiques de transport, réagit le vice-président aux transports. On ne peut pas comprendre qu’il n’y ait pas de LGV. Il faut des actes, une traduction sur les autres lignes et l’avancée du ferroviaire. »
