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Innovation.

MagicBus, l’auberge de jeunesse itinérante

Développer un nouveau concept de tourisme laissant la part belle à la découverte et à l’improvisation, loin du tourisme de masse, c’est le projet qu’a concrétisé Lisette Abadie, fondatrice et dirigeante de MagicBus.

MagicBus est un concept original d’auberge de jeunesse itinérante, permettant à huit voyageurs de vivre durant une semaine une expérience humaine insolite. En effet, il ne s’agit pas d’une croisière routière mais d’une aventure dont les voyageurs sont acteurs: seuls le point de départ et le lieu d’arrivée à la fin de la semaine sont définis, les vacanciers décideront ensemble des étapes. L’idée est de faire découvrir l’Europe autrement, loin des sentiers battus, à travers des lieux pittoresques et authentiques, en complète autonomie.

C’est au cours de ses études d’agencement, d’architecture d’intérieur, de scénographie et de gestion en France puis au Canada, et durant un voyage en solitaire de quatre mois en Nouvelle-Zélande que Lisette Abadie a l’idée de ce projet. À la fin de son cursus, en 2018, elle décide de rentrer en France pour le concrétiser.

Pour mener à bien ce projet, la jeune femme passe le permis C, se forme à la mécanique poids lourd et valide une capacité de transport de voyageurs. Elle achète ensuite un ancien car scolaire de Charente-Maritime, un PVI NR215 de 2002 équipé d’un moteur Renault de 158 kW. Ce véhicule ne pourra pas circuler dans les grandes agglomérations dotées de ZFE, mais l’objectif est de privilégier une formule d’accueil rural, même si Lisette Abadie envisage à long terme de faire évoluer la motorisation pour rendre le bus moins polluant, en fonction des avancées technologiques.

Pour financer l’achat du véhicule, elle lance un financement participatif sur la plateforme Ulule, ce qui lui permet de récolter les 8 000 euros nécessaires.

Hôtel mobile

Avec l’aide de son père et de quelques amis, la jeune femme réaménage le car en une confortable habitation pour huit voyageurs, plus le chauffeur. Architecte d’intérieur, Lisette Abadie a pensé MagicBus comme un espace totalement adaptable et optimisé pour profiter d’un maximum de place à bord. Les lits sont amovibles afin de laisser place à un grand salon/salle à manger. On y trouve aussi une grande cuisine ainsi qu’une salle de bains. Enfin, le fond du bus est réservé comme chambre privée pour le chauffeur. L’investissement total s’élève à 50 000 euros.

MagicBus bénéficie du soutien de plusieurs sponsors, notamment Michelin Voyages qui a fourni les pneus et qui aide la société dans l’élaboration de ses programmations.

Côté administratif, « la création et l’enregistrement de l’entreprise ont représenté un long parcours, en raison du flou juridique autour de cette activité, entre transport de la personne, agence de voyages et hôtellerie, confie Lisette Abadie. J’ai fait appel à un avocat qui m’a conseillé de m’enregistrer en tant que SARL pour ces trois activités commerciales, et j’ai contracté toutes les assurances liées ».

Pour les débuts de MagicBus, c’est Lisette Abadie elle-même qui conduira le véhicule, mais elle prévoit à terme d’embaucher un chauffeur. La programmation 2020, sur onze semaines entre septembre et novembre prochains, reste dans les frontières de l’Hexagone, en raison de la crise sanitaire, mais l’idée est que MagicBus voyage dans toute l’Europe à l’avenir, « pour profiter de l’immense potentiel de ce continent à frontières ouvertes, riche d’histoire et de culture, avec une grande diversité de pays de taille raisonnable. Je projette également de développer cette activité au Canada, pays où j’ai fait une partie de mes études et où j’ai déjà travaillé dans d’autres domaines », explique la dirigeante.

Accueil rural

En ce qui concerne les étapes et le stationnement du bus, Lisette Abadie s’appuie notamment sur Bienvenue à la ferme, principal réseau français de producteurs fermiers et d’accueil touristique dans les fermes. La jeune femme recherche également d’autres modes d’accueil du même type.

Crise sanitaire oblige, la société a dû adapter les mesures anti-Covid-19 à son activité, « même si la distanciation physique est compliquée à maintenir dans un bus », admet la jeune chef d’entreprise. « De la solution hydro-alcoolique est disponible dans le car, et le véhicule est complètement nettoyé et désinfecté entre chaque session d’une semaine. De plus, les participants doivent signer un contrat attestant de l’absence de symptômes de la maladie dans les sept jours précédant l’embarquement. »

Un bus autonome en eau et en énergie

Le véhicule a été conçu pour être autonome au moins sept jours en électricité, en eau et en gaz. L’alimentation électrique est assurée par huit panneaux solaires sur le toit et quatre grosses batteries dans les soutes. Lisette Abadie réfléchit également à une alternative aux panneaux solaires pour l’alimentation électrique en hiver dans les pays nordiques. Quant à l’eau non potable, une équipe de trois ingénieurs a élaboré un système de renouvellement de l’eau composé de multiples filtres (sur la base du concept de showerloop), afin de pouvoir réutiliser l’eau de façon quasi infinie, même si elle sera changée entre chaque session d’une semaine. Ce système permet de transporter beaucoup moins d’eau qu’il n’en faudrait avec un système classique, de ne jamais en manquer et de rejeter de l’eau propre. Le but de Lisette Abadie est de faire évoluer le bus au fil du temps pour améliorer encore son autonomie et réduire au maximum son impact environnemental.

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Auteur

  • Ian Fafet
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