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Report modal. Bordeaux

Changement de paradigme

Permettre une reprise de l’activité en respectant les gestes barrières et inciter parallèlement les habitants à changer leurs habitudes de déplacement. C’est le double objectif du plan de mobilité alternative mis en place à bordeaux, au lendemain des élections municipales, remportées par l’écologiste pierre hurmic, le 28 juin dernier.

« À pied ou à vélo, respirez… » Des clips vidéo d’une vingtaine de secondes diffusés sur les réseaux sociaux et des affiches placardées dans la ville: dès la sortie du confinement, à Bordeaux, une campagne de sensibilisation a été lancée pour inciter les habitants à troquer leur voiture pour le vélo ou la marche. Pour les y aider, une carte des temps de parcours à pied a été élaborée par l’agence d’urbanisme de Bordeaux Aquitaine, prémices de ce que le candidat Hurmic appelait le « Plan Marchable » durant sa campagne (lire encadré page 19).

En sortie de période de confinement, Bordeaux Métropole avait en effet défini, avec les communes concernées, un plan de mobilité alternative prévoyant des aménagements temporaires pour le vélo et la marche avec 135 projets, répartis sur 18 communes, et la création d’un linéaire de plus de 66 km.

Le succès de ces nouveaux aménagements a été au rendez-vous. « Nous avons relevé de + 10 à + 15 % de cyclistes en juin par rapport à 2019. Nous avions anticipé cette hausse, car nous savions qu’à la sortie du confinement, les transports en commun allaient pâtir de la crise sanitaire », indique Clément Rossignol-Puech, maire de Bègles et nouveau vice-président de Bordeaux Métropole en charge de la Stratégie mobilité, dans une interview à 20 minutes Bordeaux du 4 septembre.

Le plan d’urgence vélo va donc être pérennisé. Son objectif: pouvoir faire le tour complet des boulevards qui enserrent la ville sur un espace sécurisé. Des travaux sont en cours pour délimiter les espaces entre les bus, les voitures et les vélos: à ce jour, 38 km sur les 66 km ont été réalisés. Dans un entretien accordé à 20 minutes le 1er juillet, Pierre Hurmic expliquait: « Sur les boulevards, il faut des pistes continues et sécurisées. Dans les aménagements urbains, 70 % de la voirie est consacrée à la voiture, or elle représente 29 % des déplacements dans Bordeaux. » Et le nouveau maire de défendre un rééquilibrage assumé en faveur des modes alternatifs: « Je ne veux pas interdire la voiture, mais rééquilibrer les choses, même si, à terme, je pense qu’on ira vers une interdiction. Mais, pour le moment, on va y aller calmement. »

Fin des transports en radiales?

Outre l’aménagement d’un réseau de pistes cyclables en continu et sécurisées tout autour de la ville, la nouvelle politique mobilité de Bordeaux Métropole devrait prendre prochainement une toute nouvelle orientation. Jusque-là, les transports collectifs dans la capitale girondine étaient conçus en étoile depuis le centre-ville vers l’extérieur. Un « échec collectif », commente le nouveau maire de Bordeaux, qui préconise le déploiement d’un « transport collectif circulaire »: « L’enjeu des déplacements aujourd’hui est extramétropolitain », annonce Pierre Hurmic, en faisant le bilan des années précédentes. « Nous avons été obsédés par une métropole magnétique, et nous n’avons pas su intégrer les territoires périphériques. Il faut changer de paradigme. »

Le ton est donné. L’objectif désormais est de mieux utiliser les infrastructures qui existent avec un partage équitable de la voirie et un maillage de liaisons de transport en commun transversales. Autrement dit: les extensions de lignes de tram jugées « trop chères pour un bilan médiocre » ne sont plus vraiment à l’ordre du jour. L’avenir dira le sort réservé à certains projets en cours, comme la ligne controversée vers Saint-Médard-en-Jalles (Nord de l’agglomération), symbole d’une vision de la mobilité en étoile…

Bus à hydrogène et RER métropolitain

Pour la nouvelle équipe écologiste, sans surprise, la priorité est de déployer une mobilité verte, avec des véhicules zéro émission. Les bus à hydrogène, comme à Pau, ont été plusieurs fois cités en exemple. Et, de manière plus globale, la stratégie mobilité sera davantage multimodale: « La mobilité a évolué ces dernières années, et nous allons revoir la stratégie pour n’avoir qu’un seul plan qui repose à la fois sur les transports en commun en site propre comme le tram, et bientôt le BHNS, le RER métropolitain, le réseau bus, le vélo, la marche et le covoiturage », indique Clément Rossignol-Puech.

Nouvelle priorité dans la politique mobilité bordelaise, le déploiement du RER métropolitain combinera car express et réseau TER. Lancée en 2019 avec un car à haut niveau de service sur la ligne Bordeaux-Créon, petite ville enclavée à une quinzaine de kilomètres de la métropole, cette première étape du projet, réalisée en partenariat Métropole-Région, est un véritable succès, avec plus de 700 passagers par jour.

Les prochaines phases: l’expérimentation d’une nouvelle liaison TER entre Libourne et Cestas (Sud de l’agglomération bordelaise) dès la fin de l’année 2020, ébauche d’une ligne qui pourrait, à terme, relier le Libournais au bassin d’Arcachon.

La phase suivante est prévue pour 2021, avec la mise en service de la gare TER du Bouscat, au nord de la métropole. Concernant les futures étapes, l’aménagement de la gare de Talence, ville universitaire, et le nœud ferroviaire au sud de Bordeaux, il faudra attendre les arbitrages de l’État en matière de financement.

Nouvelles vagues

À l’occasion des Journées Agir 2020, qui se tiendront du 5 au 9 octobre dans un format virtuel, Bus&Car Connexion fait le point sur les nouvelles approches de la mobilité. La mise en place de la Loi d’orientation des mobilités (Lom), les effets collatéraux de la Covid-19, et le renouvellement des exécutifs locaux rebattent les cartes. Résultat: les politiques mobilité s’engagent davantage pour la multimodalité et les modes doux, dans l’objectif de mieux mailler les territoires afin de répondre aux besoins de déplacements.

« Plan Marchable »: c’est nouveau, une carte des distances à pied à Bordeaux

7 minutes pour traverser le pont de Pierre, 13 minutes pour aller du quartier Mériadeck au stade Chaban, et 18 minutes entre les hangars et les Quinconces: le nouveau plan de circulation piéton réalisé par l’agence d’urbanisme de Bordeaux Aquitaine, A Urba, s’adresse autant aux Bordelais qu’aux visiteurs, avec un but évident: encourager la marche, et le vélo! Une petite précision, tout aussi incitative est en effet mentionnée en haut du plan: « À vélo, divisez ces temps de parcours par 4! »

Décarbonation
Douze lignes « verdies » en 2021

La Région Nouvelle-Aquitaine s’est équipée d’une centaine de véhicules avec une motorisation plus respectueuse de l’environnement. Douze lignes régulières seront verdies en 2021 et rouleront avec une motorisation alternative au gazole: onze lignes au BioGNV et une ligne électrique.

Réseau Trans Gironde
Quatre nouvelles lignes et une fréquence renforcée

Depuis le 1er septembre, quatre nouvelles lignes sont en circulation dans le département de la Gironde: Talence université/Cabanacet-Villagrains (au sud de Bordeaux); Saint-André-de-Cubzac/ Saint-Christoly-de-Blaye (au nord de Bordeaux); Bordeaux/ Saint-Émilion en été et intersaison; Libourne/ Perissac (nord Gironde). L’offre kilométrique augmente ainsi de 15 %, ce qui porte le nombre de communes desservies par le réseau interurbain piloté par la Région Nouvelle-Aquitaine à 270. La grande nouveauté, c’est d’ailleurs le franchissement des frontières départementales de la métropole vers le reste de la région: Jonzac et Mirambeau en Charente-Maritime, Villefranchede-Lonchat en Dordogne, et Parentis-en-Born, Biscarosse et Sanguinet dans les Landes. Enfin, des retours tardifs sont mis en place en fin de semaine, le vendredi et le samedi, au départ de Bordeaux Métropole sur onze lignes régulières. L’offre est également renforcée le week-end pour favoriser les déplacements de loisirs.

Challenge de la mobilité: « Au travail, j’y vais autrement, et vous? »

Organisé du 16 au 22 septembre, le Challenge 2020 « édition spéciale » sera le challenge de la rentrée après l’immobilisme dû à la crise sanitaire. Chaque année depuis 2011, l’Ademe et le Club de la mobilité (Bordeaux Métropole, chambre de commerce et d’industrie de Bordeaux et Ademe) proposent aux entreprises, collectivités, associations de remplacer l’habitude de se rendre au travail seul dans sa voiture par celle s’enfourcher son vélo, ou de s’y rendre à pied, en transports en commun ou en covoiturage. Des centres hospitaliers aux TPE, en passant par de grandes entreprises, des collectivités locales et des associations, en 2019, 523 établissements et 13 127 employés (soit une augmentation de 12 % par rapport à 2018) ont participé au challenge.

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Auteur

  • Amélie Kolk
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