L’intensité de circulation du virus augmente, et la fréquentation des transports collectifs est à la peine. Elle s’établit autour de 60 % de la normale en régions, et approche les 90 % en Île-de-France. Le message de « Liberté, sérénité, mobilité » adopté pour la Semaine du transport public aura bien du mal à inverser la tendance, si l’on en croit les résultats d’une étude menée par l’Institut Vedecom. Il en ressort notamment que 32 % des usagers réguliers des transports publics déclarent qu’ils resteront méfiants un an après la fin de la période de confinement. Partout, c’est le même constat: bus, trams et métros sont boudés par leurs passagers, au bénéfice des modes doux, certes, mais surtout de la voiture individuelle.
Selon les opérateurs, les effets de la crise vont se poursuivre au moins jusqu’à 2024. Les destructions d’emplois vont peser sur le mass transit. Et les experts ne s’attendent pas à un retour à la normale, mais à l’installation de nouveaux comportements, résultant en partie de l’accroissement du télétravail. Le recours accru aux solutions de mise en relation virtuelles pourrait également affecter les déplacements d’affaires. Parallèlement, la prise de conscience des enjeux de santé publique liés à la qualité de l’air devrait favoriser une autre approche des mobilités du quotidien. Les équipes municipales issues de la vague verte l’ont annoncé haut et fort… L’installation des ZFE constituera une première étape du processus.
Les acteurs de la mobilité vont donc devoir se réinventer, réviser leurs stratégies. En égratignant au passage la suprématie de la DSP? Au-delà des postures idéologiques, la gestion directe pourrait se révéler plus agile et mieux adaptée aux évolutions à venir, qui vont mettre au premier plan l’efficacité énergétique et les circuits courts. La décarbonation des flottes de véhicules incite les constructeurs à reporter leur valeur ajoutée sur la gestion de l’énergie. Quant aux transporteurs, s’ils ne sont plus assurés de voir la fréquentation augmenter régulièrement, et si la gratuité continue de marquer des points dans l’opinion et chez les élus, ils vont devoir trouver d’autres leviers de croissance. Les objectifs assignés aux opérateurs par les autorités organisatrices de la mobilité vont, eux aussi, s’adapter à la nouvelle donne.
