Romain Borini, directeur général de l’entreprise familiale dont le siège est à Combloux, près de Megève (Haute-Savoie), participait le 8 octobre au Rendez-vous du transport et de la logistique écoresponsables, dans le cadre du programme Engagements volontaires pour l’environnement. À cette occasion, il a détaillé l’engagement de sa société vers la motorisation GNV, qui apparaît comme une nécessité, tant écologique qu’économique. « On vit dans une vallée qui accumule beaucoup de pollution, notamment de nombreuses particules fines. L’appel d’offres de la Région nous a poussés à faire du transport scolaire avec la motorisation gaz, avec une contrainte majeure car on ne devait pas être plus cher que la solution gazole, explique-t-il. Nous avons pu répondre en réduisant le nombre de véhicules utilisés (passés à douze) et en effectuant de meilleurs enchaînements, ce qui nous a permis de le faire au même prix. » En parallèle, l’entreprise s’est équipée d’une station de compression gaz pour un investissement de 450 000 euros. « La première station publique se trouve à 50 kilomètres, souligne Romain Borini. Et il aurait été impensable de franchir une telle distance pour aller faire le plein des véhicules. »
La station gaz, dimensionnée pour 25 véhicules, est également mise à profit pour le marché des sept navettes skibus de Megève, que l’entreprise a remporté en octobre 2019. Megève est devenue ainsi « la première station de sports d’hiver au monde » à passer sa flotte de skibus entièrement au GNV. Le contrat, d’une durée de sept ans, correspond à un coût de 880 000 € par an, « soit une augmentation de 13 % comparativement au précédent engagement pour les bus équipés au diesel », selon la municipalité. En l’espace de quatre mois, les Autocars Borini ont donc fait l’acquisition de 19 véhicules gaz Iveco (sur un total de 60 véhicules), avec des Daily de 22 places, des Urbanway ainsi que des Crossway.
L’engagement vers le gaz ne s’arrête pas là, puisque l’entreprise compte s’engager dans le biométhane. « Ce projet, en association avec un agriculteur et un paysagiste, nous permettrait de traiter les déchets à l’échelle locale. Nous le portons depuis plusieurs années, mais il était tombé à l’eau il y a trois ans en raison de l’opposition du voisinage. Nous avons maintenant réussi à convaincre les riverains, et j’espère le relancer avec le nouveau conseil municipal », détaille Romain Borini. Les travaux pourraient démarrer en 2021 pour une mise en service l’année suivante. De quoi donner de l’élan, alors que la conjoncture reste morose. « L’activité scolaire n’a pas du tout baissé, mais les centres de loisirs et touristiques, qui représentent la moitié de notre chiffre d’affaires, restent au point mort », observe-t-il. Romain Borini espère que les frontières pourront véritablement s’ouvrir cet hiver, l’entreprise acheminant habituellement les skieurs en provenance de Grande-Bretagne et des pays nordiques vers les stations de ski, depuis les aéroports.
