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Hydrogène, bus autonome, smart-city: Gaussin dévoile ses ambitions

Un nouvel acteur français de la navette électrique autonome se profile grâce à l’association entre le groupe Bolloré et la PME Gaussin, avec l’aide de l’ex-président de la SNCF, Guillaume Pepy, et le Qatar comme partenaire et terrain de jeu.

« Je salue l’audace qu’a l’entreprise Gaussin à se projeter dans les pays du Moyen-Orient », apprécie Guillaume Pepy. Créé en 1880, ce groupe familial coté en Bourse, spécialisé dans la conception et la fabrication de véhicules de manutention portuaire, aéroportuaire et logistique, vient de s’offrir les services de l’ancien PDG de la SNCF. Il l’a fait savoir le 5 octobre, annonçant son entrée au comité scientifique et stratégique du groupe. Surtout, Guillaume Pepy devient le facilitateur d’affaires avec le Qatar, en tant qu’administrateur d’une nouvelle filiale, Gaussin Advanced Mobility Electric (Game), co-entreprise formée avec le groupe qatari Al Attiya.

« Guillaume Pepy m’a proposé de nous aider. Son expertise nous sera précieuse », détaille Christophe Gaussin, PDG du groupe éponyme. Bon connaisseur de cette région du monde, l’ancien patron des cheminots préside depuis plusieurs années le conseil franco-qatari du Medef international. Avec ces nouvelles fonctions, il entend bien « contribuer à l’émergence d’un champion de la mobilité ». C’est le message qu’il a délivré par visioconférence lors d’un événement qui s’est tenu au siège de Gaussin, à Héricourt (Haute-Saône), le 6 octobre. La PME y a dévoilé deux engins de manutention portuaire et logistique électriques et autonomes à hydrogène. Leur commercialisation est prévue pour 2021. Le signal envoyé est clair: l’entreprise d’ingénierie et de construction maîtrise désormais la technologie de l’hydrogène, aboutissement d’un processus de R&D lancé en 2012 avec le CEA.

Stratégie régionale hydrogène

Coïncidence, ce show s’est tenu dans la foulée de la divulgation de la stratégie nationale pour l’hydrogène du Gouvernement. Et à l’échelle locale, la présidente de Bourgogne-Franche-Comté, Marie-Guite Dufay, a décliné le 6 octobre un plan de relance régional en faveur de l’hydrogène. Par ailleurs, en voisins, Gaussin et l’équipementier automobile Faurecia ont topé au sujet de la fourniture de réservoirs à hydrogène. Bref, la PME a de l’avenir dans l’hydrogène.

Brique par brique, Gaussin dévoile sa stratégie de développement dans la mobilité des personnes, du ressort de sa division Trucks and Bus, confiée à un ex de Volvo Renault Trucks, Jean-Claude Bailly. Le 1er septembre, ce fut l’officialisation d’un nouveau partenariat avec Bolloré. Gaussin a obtenu la distribution exclusive des Bluebus au Moyen-Orient (Qatar, Turquie, Émirats Arabes Unis, Oman, Koweït, Bahreïn et Israël). Les deux partenaires mettent en avant l’intérêt des batteries lithium métal tout solide de Bolloré, et leur capacité à « supporter des températures extérieures extrêmes, jusqu’à 65 °C, sans refroidissement ». Gaussin, à qui Bolloré fournit depuis 2018 des packs de batteries, peut également vendre des Bluebus dans le reste du monde, mais sans exclusivité. Au Qatar et dans le Golfe, la cible visée est celle des smart-cities. « Il y a énormément d’appels d’offres qui se profilent », se réjouit-on dans la société, qui n’entend pas se cantonner à l’électrique.

L’atout qatari

L’objectif est d’implanter sur les bus la technologie de navigation (GPS, lidar, radar, etc.), que le groupe maîtrise depuis longtemps, sur les engins de manutention portuaire. Là encore, le Qatar joue un rôle de catalyseur. En effet, Gaussin et le PSG, club propriété de l’émirat, ont passé un accord. Outre une promotion marketing hors pair (une vidéo avec Neymar et M’Bappé dans un Bluebus autonome estampillé Gaussin enregistre des centaines de milliers de vues sur Youtube), ce partenariat permet un test grandeur nature. Le futur centre d’entraînement du PSG à Poissy, qui ouvrira en 2022, va en effet servir de terrain de terrain de jeu aux Bluebus autonomes pour le transport de personnes dans l’enceinte du site. Un tracteur sans conducteur y acheminera de son côté la nourriture et le matériel d’entraînement et d’entretien. Le but: faire du centre d’entraînement la première « smart-city » sportive.

Un sacré coup d’accélérateur qui apporte à Gaussin une dimension dont rêveraient Navya et Easymile, qui ont pourtant davantage d’antériorité dans le domaine des navettes autonomes. Quant à la suite, Christophe Gaussin a promis une importante annonce à venir, dans le secteur du bus (lire ci-contre) avec l’ambition proclamée de devenir une « licorne française », autrement dit une entreprise dont la valorisation atteint au moins 1 milliard d’euros… et qui doit théoriquement être une start-up.

Gaussin s’engouffre dans le chantier du Grand Paris Express

Cet été, le groupe franc-comtois a changé de taille en acquérant 95 % de Metalliance, une société implantée en Saône-et-Loire. Résultat: son chiffre d’affaires bondit de 17 à 44 millions d’euros et les effectifs atteignent 200 personnes. Cette opération de diversification permet à Gaussin d’accéder au chantier du Grand Paris Express, plus généralement au marché des creusements de tunnel. Outre la pose de voies ferroviaires et les travaux routiers, Metalliance est surtout un fabricant d’engins de service sur pneus longs et étroits. Adaptés aux tunnels, ils servent d’assistance aux tunneliers en emportant par exemple les voussoirs. On en trouve sur le chantier de la ligne 15 sud. À première vue, les synergies ne sont pas évidentes entre les deux sociétés. « En fait, l’un des intérêts est de permettre d’implanter notre savoir-faire en matière de motorisation électrique pour remplacer la motorisation diesel, explique un dirigeant. L’avantage, pour les entreprises de travaux publics, est une organisation plus légère et des réductions de coûts, dans la mesure où elles n’auront plus à installer un système d’évacuation de l’air vicié. » Autre intérêt: améliorer la rentabilité en réintégrant de la valeur au sein de l’entreprise. Metalliance a la capacité d’usiner des pièces que Gaussin n’achètera plus à des fournisseurs.

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Auteur

  • Marc Fressoz
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