À mesure que l’automne avance, le climat s’assombrit. Chaque semaine apporte son lot de chiffres et de statistiques: alors que la courbe de propagation du virus repart à la hausse avec vigueur, le moral des milieux économiques est en berne, particulièrement dans les services. Ceux qui se demandaient comment amorcer la reprise en arrivent à penser au reconfinement. Alors qu’on était tous prêts à apprendre à vivre avec le virus, on nous demande à nouveau d’arrêter de vivre à cause du virus. La reprise est reportée à la fin 2021, en même temps que les régionales. Mais rien n’interdit de penser que les deux pourraient finalement se retrouver décalées à 2022. Et si, après la 2e vague, on en voyait arriver une 3e…
Pour beaucoup, cette attente semble interminable, et cet horizon bouché par l’épidémie, indépassable. Mais qui aurait sérieusement prédit, en mars dernier, que le Premier ministre français annoncerait un couvre-feu à la veille des vacances de la Toussaint? Sidérés d’abord, sonnés ensuite, les professionnels du TRV trouveront-ils la force de se projeter, d’imaginer leur place dans un futur proche des mobilités reconfigurées? Mais comment retrouver la confiance en l’avenir, alors que les voyageurs eux-mêmes persistent à fuir les transports collectifs, quand ils ont le choix? La congestion routière n’a jamais été aussi importante autour des grandes villes, et les déplacements deviennent une véritable corvée.
Mais bientôt, grâce aux effets combinés du télétravail et du véhicule autonome, les bouchons post-covid pourront être éradiqués. La réalité augmentée proposera aux conducteurs comme aux passagers des programmes à la fois distrayants et propres à capter leur attention: visite de musée, excursion en montagne, jeux… à moins qu’ils ne préfèrent travailler en restant connectés en tout lieu grâce à la 5G… à moins qu’ils n’aient plus aucune raison objective de se déplacer.
