Dans dix ans, l’ensemble de la flotte de bus et cars circulant sous les couleurs d’Île-de-France Mobilités aura achevé sa dédiésélisation. Si l’électrique est priorisé pour Paris intra-muros et la zone dense, le GNV se défend plutôt bien, et bénéficie de la montée en puissance du biométhane.
La crise sanitaire a fait prendre conscience aux Français de leur dépendance aux importations extra-européennes, pour ne pas dire asiatiques, et pas seulement en matière de soin. Parallèlement, l’attention portée à la qualité de l’air et le diesel-bashing poussent irrésistiblement à l’intensification du mouvement de transition énergétique enclenché depuis quelques années. En écho à ces préoccupations, les élus régionaux s’ingénient à mettre en valeur les réalisations en matière d’énergie et de transport. En Île-de-France plus qu’ailleurs, l’ampleur de cette politique lui donne un relief particulier: la transition énergétique porte en effet sur 10 000 bus. Qui dit mieux? L’ensemble du parc d’Île-de-France Mobilités va ainsi muer d’ici à 2029, avec une priorité donnée à la zone dense, puisque l’échéance de sortie du diesel est fixée à 2025 pour les véhicules exploités par la RATP. « IdFM représente 40 % des commandes de bus électriques en France », souligne d’ailleurs Valérie Pécresse, présidente de la Région et de l’autorité organisatrice.
Et la Région soutient l’ensemble du mix énergétique propre à réduire les émissions de gaz à effet de serre liés à l’exploitation des bus. Pour la grande couronne, où le GNV est mieux adapté aux caractéristiques des réseaux, le salut passe par le recours au bioGNV, garanti par des certificats d’origine fournis par GRDF. Ces certificats peuvent même aller jusqu’à préciser la région où a été produit le biométhane, même si, dans les faits, il n’est pas possible de faire fonctionner un véritable circuit court de production et de consommation du biogaz, qui doit être réinjecté dans le réseau. Toutefois, en Île-de-France comme ailleurs, on insiste sur la multiplication des projets de méthanisation. Une vingtaine seront opérationnels fin 2020 sur le territoire francilien.
