Maillon essentiel dans la poursuite de l’activité économique, le transport public est également perméable aux questions de société. La modification envisagée des horaires de rentrée, lundi 2 novembre, a ainsi donné lieu à une magistrale démonstration d’aveuglement administratif, qui aurait pu faire sourire si le motif n’avait pas été aussi grave. L’hommage au professeur Samuel Paty, assassiné à la veille des congés scolaire à Conflans-Sainte-Honorine, aurait mérité autre chose que ce lamentable cafouillage.
Transport, Covid et fanatisme religieux… les mêmes ingrédients se sont retrouvés au cœur d’une polémique portant sur la campagne publicitaire du film Borat2. Si le contexte, cette fois, peut faire sourire, à la réflexion, la plaisanterie se révèle plutôt saumâtre. Placardées sur les bus urbains, les affiches représentant le personnage de Borat affublé d’un masque chirurgical en guise de cache-sexe auraient provoqué la colère de certains conducteurs, choqués par la bague qu’arbore l’énergumène à l’index de sa main droite. Orné d’une calligraphie en arabe reproduisant le nom d’Allah, ce bijou aurait déclenché des réactions de révolte dans certains dépôts urbains franciliens, comme une partie de la presse et des réseaux sociaux s’en sont fait l’écho.
Étrange réaction que celle des responsables du réseau Tice desservant Evry-Courcouronnes, qui communiquait le 4 novembre sur sa décision de retirer les affiches, « ridiculisant le port du masque », invoquant le risque de mauvaise influence sur les jeunes en cette période de pandémie… Dans le même temps, la RATP affirmait qu’il n’était pas question pour elle de décrocher ces affiches. Mais, dès le lendemain, on apprenait que la campagne publicitaire avait pris fin, à l’initiative de l’annonceur… Que faut-il donc comprendre? Bien sûr, la promotion d’une grosse farce ne justifie en aucun cas de mettre les voyageurs et les conducteurs en danger, alors que la menace terroriste est réelle. Mais le constat est là, avec ou sans Covid: Borat portait la même bague en 2006, et n’était pas mieux « habillé », sans émouvoir qui que ce soit.
