Pour 2021, la voie de la Société du Grand Paris (SGP) est dégagée. À un horizon plus lointain, ce sera une autre histoire. En tout cas, l’État lui a donné les moyens d’augmenter ses effectifs de plus de 300 personnes l’an prochain pour arriver à 1 100 en 2023. Et la loi de finances augmentera ses ressources d’une petite dizaine de millions via la taxe sur les bureaux et celle sur les surfaces de parking. Ses recettes totales (moins de 800 millions d’euros) lui serviront à rembourser ses dettes. Mi-décembre, la Société du Grand Paris, dont le conseil de surveillance est désormais présidé par Olivier Klein, le maire PS de Clichy-sous-Bois, devrait voter un budget sans surprise.
Reste que des problèmes de financement de plusieurs ordres vont se poser à moyen terme. Dans un rapport d’information de la commission des Finances du 30 octobre, le Sénat mène la charge pour « nationaliser » le financement du métro du Grand Paris Express, parce qu’il va profiter aussi au « reste du territoire national » grâce à la richesse créée en région parisienne. Les sénateurs veulent donc faire payer le contribuable français et réclament « une contribution budgétaire de l’État au financement des hausses de coûts » . Ce n’est pas gagné. L’allongement de la durée d’amortissement de la dette est une autre solution avancée.
Le problème est réel. Le Grand Paris Express a toutes les chances de percer son plafond de dette en raison des aléas. Depuis l’origine, son coût « est passé de 16 à 36 milliards d’euros alors que seulement 15 % des chantiers sont ouverts » , souligne le sénateur Roger Karoutchi. En outre, seuls 450 millions d’euros sont pour l’heure inscrits au budget d’investissement de la SGP pour couvrir les interconnexions dont le coût est chiffré à 1,5 milliard d’euros. Quant au sujet de la façon dont IDFM pourra payer le fonctionnement des lignes du super métro (1 milliard d’euros par an quand elles seront toutes ouvertes)… « Cette question de l’exploitation n’a jamais vraiment été traitée, et toujours repoussée », constate Vincent Elbé, le sénateur PS qui a présidé du groupe de travail sur ce sujet.
