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Rémy Foyer, directeur général d’Iveco France

« Nous avons vendu plus de 400 bus électriques »

Bus&Car Connexion: Quelle est votre perception des impacts de la crise sur le marché français du bus?

Rémy Foyer: Le marché de l’urbain se maintient. Il n’y a pas de chute comme dans le tourisme, mais les véhicules immatriculés ces derniers mois correspondent à des commandes enregistrées l’année précédente et en première partie de cette année, et restons vigilants pour la suite. L’urbain se caractérise en effet par une certaine inertie, en raison des délais liés aux procédures d’appels d’offres, qui se déroulent sur de longues périodes. La crise de la Covid a gelé certaines décisions, et le report des élections municipales a bloqué les réunions des commissions au niveau des intercommunalités. Même si une partie des maires ont été élus dès le premier tour, ce n’était pas le cas pour l’ensemble des agglomérations. Depuis septembre, les appels d’offres ont repris, mais sur un rythme moins soutenu qu’avant la crise. Les changements d’exécutifs ont été nombreux, et il faut du temps pour que de nouveaux projets émergent.

BCC: Vous avez donc de bonnes raisons d’être optimiste…

R. F.: Nous restons optimistes, tout en étant combatifs et réalistes. Depuis les années 2000, le développement des métropoles et l’accroissement des périmètres des intercommunalités a favorisé les transports urbains, donc le marché du bus, qui est un mode souple et rapide à mettre en place. De plus, la loi sur la transition énergétique et la croissance verte, désormais intégrée dans la LOM, commence à produire ses effets. Rares sont les agglo qui continuent à investir dans le diesel pur. L’évolution des immatriculations montre une forte poussée du GNV, alors que le diesel passe sous la barre des 30 %, à égalité avec les hybrides. L’électrique, qui a passé la barre des 10 % en 2019, continue sa progression. Et tout cela en seulement quelques années. C’est une transition très rapide, à l’échelle d’un marché niche, à laquelle nous étions préparés.

BCC: Heuliez est présent sur l’électrique depuis 2015. Où en sont les ventes?

R. F.: Nous avons actuellement commercialisé plus de 400 bus électriques dont plus de la moitié sont en circulation. Les GX 337 Elec ont été choisis par les réseaux de Nice, Valence, Mulhouse, La Rochelle, Aix-en-Provence, Toulouse, Argenteuil et Vélizy avec la RATP ainsi qu’Île de France Mobilités, et nous avons livré 79 GX 437 électriques aux Pays-Bas. Nous déclinons le modèle en trois longueurs et deux largeurs de caisse, avec trois types de charge et jusqu’à quatre capacités de batterie différentes, de manière à répondre à tous les cas d’exploitation.

BCC: Le développement de l’électromobilité nécessite aussi un suivi plus fin des véhicules en exploitation. Quelles solutions proposez-vous?

R. F.: Nous assurons actuellement le suivi de plus de 200 véhicules, et nous avons dépassé les 6 millions de kilomètres parcourus en électromobilité, ce qui nous a permis d’accumuler des données et un solide retour d’expérience. Et pour mieux accompagner nos clients, nous allons proposer, à partir du second semestre 2021, un nouvel outil de monitoring des véhicules, en complément du système Intellibus, développé par le groupe Iveco. Le développement de l’électromobilité s’accompagne d’une transition digitale pour un meilleur suivi des véhicules, notamment celui de l’autonomie en temps réel.

BCC: Que souhaitez-vous mettre en avant à l’occasion du Salon European Mobility, qui se tiendra en version digitale du 15 au 17 décembre?

R. F.: Nous voulons présenter notre midibus GX 137 Elec, disponible en versions de 9,5 ou 10,7 m, équipé de batteries Forsee Power. Malgré quelques difficultés dues à la crise sanitaire, nous avons démarré sa commercialisation avec succès, puisqu’il a été vendu en France, en Italie et aux Pays-Bas. Nous voulons également mettre l’accent sur nos solutions en matière de sécurité sanitaire à bord des véhicules. Enfin, nous souhaitons sensibiliser les nouveaux élus sur la spécificité de la filière industrielle française du transport public. L’ensemble de nos véhicules est labellisé Origine France garantie, et le groupe Iveco représente plus de 6 000 emplois directs et indirects sur notre territoire.

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Auteur

  • S. G.
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