Initié par Jean-Pierre Tallieu, ancien président de la communauté d’agglomération de Royan (Charente-Maritime), le projet de navette fluviale rapide entre Royan et Bordeaux se poursuit, comme l’atteste le nouveau président de la collectivité, Vincent Barraud: « Depuis les dernières élections, nous sommes à marée basse; les équipes ont changé mais nous allons reprendre notre bâton de pèlerin afin de renouer le contact et de relancer le projet auprès de nos partenaires. » Il faut dire que l’abandon de ce dossier serait d’autant plus regrettable que des essais ont déjà été menés et semblent séduire les élus.
Ce projet est avant tout un outil de désenclavement du territoire: « Bordeaux est notre capitale régionale. Aujourd’hui, par la route, il faut compter normalement 1 h 30 de trajet. Mais avec la congestion des réseaux bordelais, il faut rajouter une heure de plus. Quant au ferroviaire, c’est très compliqué », déplore le président, qui insiste sur le fait que cette navette s’adresserait moins aux touristes qu’aux acteurs économiques et publics.
Le prototype testé a été conçu par la société rochelaise Advanced Aerodynamic Vessels (A2V). Avec sa quarantaine de places, le navire peut effectuer le trajet en 1 h 30, voire 1 heure. Equipé d’une motorisation classique, il pourrait évoluer vers une énergie propre comme l’hydrogène. Si la technologie n’est pas encore au point, la question du financement reste à régler. En effet, la construction du bateau devrait demander un investissement de l’ordre de 2 millions d’euros. « Je souhaiterais que ce projet puisse être lancé d’ici à 2023, mais il reste quantité de choses à définir. Ainsi, par exemple, la communauté de communes du Blayais a fait savoir qu’elle pourrait être intéressée par une desserte; de fait, nous devons étudier si nous partons sur navire TGV ou bien TER… », conclut Vincent Barraud.
