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Et si on oubliait 2006?

BILAN. Pas de grandes avancées pour la profession en 2006, mais des chantiers lancés et des réformes en attente… Tout cela dans une ambiance marquée par de nouvelles flambées de violence, un pétrole toujours plus cher, et l’ascension inexorable du e-tourisme. L’année nouvelle devrait être décisive.

Léon Bertrand ministre délégué au Tourisme

Quel bilan touristique tirez-vous de 2006?

Il est encore trop tôt pour dresser un bilan complet et précis, cependant certaines tendances se dessinent. Globalement, 2006 a été plutôt stable. On observe un allongement de la saison, qui se confirme notamment avec des départs plus nombreux en juin, juillet et en septembre, un fractionnement plus important des vacances, et donc une accentuation notable des courts séjours occasionnant un peu plus de nuitées touristiques.

Le comportement des touristes évolue avec l’utilisation d’internet, la météo devenant un facteur déterminant dans le choix des destinations. Les réservations se font de ce fait de plus en plus tardivement.

La saison touristique s’est déroulée cette année en trois temps. De mai à juillet d’abord, où l’on a observé une accélération du phénomène de fractionnement des congés et une forte hausse du nombre de séjours courts. Puis le mois d’août, qui a été plutôt morose bien que toujours le plus touristique. Enfin, septembre, marqué par une augmentation sensible des longs séjours, et qui a prolongé la saison grâce à une météo clémente.

Du côté des touristes européens, les Espagnols confirment leur intérêt pour notre pays. On note aussi une progression du nombre de ressortissants des nouveaux pays européens. Pour les clientèles plus lointaines, le regain des Américains observé en juin reste à confirmer par les chiffres définitifs de la saison, et il semble qu’il y ait une érosion de la clientèle japonaise. En revanche, les touristes chinois viennent toujours plus nombreux. Ils génèrent 60 000 arrivées mensuelles dans les hôtels français.

Enfin, le recours à internet pour la préparation et la réservation d’un voyage en France s’est fortement développé chez nos principaux visiteurs étrangers, comme l’illustre l’évolution ces cinq dernières années de la fréquentation du site franceguide.com de Maison de la France, avec une intensité par marché d’autant plus forte que la pratique d’internet y est développée et que des actions de promotion y sont conduites. Globalement, l’e-tourisme représente 46 % des ventes en ligne, touristes français et étrangers confondus.

Thierry Schidler président du Snet

L’activité touristique

Sur le plan de l’activité touristique, l’année 2006 a été bonne, avec un chiffre d’affaires pour les entreprises qui serait plutôt en augmentation. Les opérateurs du tourisme de groupes, qui ont passé l’épreuve de l’augmentation du gazole, ont trouvé la clientèle et ont su adapter leurs produits en conséquence. Même si la profession continue à faire face aux difficultés de recrutement des conducteurs ou à une concurrence souvent déloyale.

Les temps de conduite

Le nouveau règlement européen concernant les temps de conduite entrera en vigueur le 11 avril 2007. Le Snet ne pouvait pas laisser passer les choses en l’état, et nous avons fait prévaloir nos préoccupations auprès de Jacques Barrot, vice-président de la Commission européenne chargé des Transports. Il nous a invité à venir en parler à Bruxelles, le rendez-vous devrait être fixé prochainement. Nous gardons espoir quant à l’issue qui pourrait être donnée, dans la mesure où chaque Etat a droit à une dérogation.

Le rapprochement avec la FNTV

Notre rapprochement avec la FNTV devrait aboutir en janvier prochain. Nous continuons à ce jour nos discussions avec la fédération, en mettant en avant les préoccupations actuelles du syndicat. La commission Tourisme continuera d’exister, et le Snet aura pour mission d’en assurer le fonctionnement. Son président sera celui du syndicat, mais un co-président sera nommé par la FNTV. Chaque entité sera autonome.

La classification des autocars

La classification des autocars de tourisme et le rôle de l’Ucat constituent un autre dossier important. Aujourd’hui, l’Ucat n’est plus sollicitée pour des demandes de classement. Et pour cause, le réaménagement de la loi du 13 juillet 1992 se fait encore attendre. Nous demandons la rédaction d’un décret particulier, indépendant de la loi, qui s’appliquerait à l’ensemble des autocaristes, licenciés et habilités. Ce décret poserait l’obligation de classer ses autocars dès lors qu’il y aurait prestations touristiques.

Georges Colson président du Snav

L’activité de la profession

Cette année 2006 a été marquée par de nombreux événements. À l’étranger, épidémies et attentats ont mis à mal des destinations, et sont venus perturber la réalisation comme la vente de forfaits. En France, le malaise social et des menaces de crise ont eux aussi mis la consommation au ralenti. 2006 ne sera pas une grande cuvée pour la profession, mais une année commerciale en demi-teintes.

La loi de 92

La réforme de la loi de 92 n’est pas une obssession, mais une nécessité. Les deux projets de décret d’application de l’ordonnance du 24 février 2005 portant sur les régimes de la licence et de l’habilitation posent de sérieux problèmes. Les décrets ouvrent la porte à une liberté totale. Si le texte était maintenu en l’état, il opposerait deux catégories d’entreprises exerçant le même métier avec les mêmes droits, mais pas les mêmes devoirs, garanties et responsabilités. Nous militons pour que chacun ait des obligations identiques. La question de la responsabilité est aussi au cœur de nos préoccupations. La profession accepte d’être responsable, mais elle souhaiterait que cette responsabilité soit partagée entre les différents prestataires. Nous devons à nouveau nous réunir prochainement avec le ministère du Tourisme afin de poursuivre ces négociations, mais nous resterons fermes sur ces prérogatives.

Les statuts du syndicat

Ce n’est pas l’Arlésienne. Chacun doit se retrouver dans cette réforme. Les discussions ont été nombreuses et vives entre les différentes familles, producteurs, distributeurs et réceptifs. Le bureau exécutif a pris la décision de commencer à faire rédiger par un cabinet spécialisé un projet de statuts. Il devrait être terminé pour le mois de janvier, pour être – je l’espère – validé en mars.

La convention collective

Le travail de réforme commencé depuis des mois est aujourd’hui à l’arrêt. Les partenaires sociaux n’ont pas souhaité poursuivre les négociations, opposant ainsi leur refus à nos différentes propositions. Nous sommes au point mort, mais nous espérons très vite reprendre les discussions. Notre métier a évolué, cette convention est devenue sur nombre d’aspects obsolète.

La commission nationale d’arbitrage des litiges

Notre idée de constituer cette commission suit son chemin. Le projet a été soumis à la direction du Tourisme, et le travail se poursuit. Le dossier n’est pas dans un tiroir.

Les démissions en série

C’est dommage qu’une telle situation puisse arriver, mais chacun est libre de ses mouvements et de ses idées. Le Snav ne doit pas se sentir ébranlé pour autant. Des TO se sont sentis délaissés par leur syndicat. Les risques d’éclatement auraient été regrettables, et il m’était impossible d’imaginer l’existence de deux instances parallèles. Ce serait contre-productif que l’on arrive à un éclatement de la profession avec d’un côté le Ceto et de l’autre le Snav. Dans notre métier, nous avons plutôt intérêt à être unis que désunis.

Bernard Didelot président de l’APS

L’activité des entreprises

D’ici le 31 décembre, tout peut encore arriver… Néanmoins, de janvier à fin novembre, l’activité des entreprises n’a rien eu d’exceptionnelle. Si le premier trimestre a été bon, l’APS a enregistré une remontée des défaillances à la rentrée, toutes familles confondues.

La création d’entreprises

Plus de 200 nouvelles agences de voyages se créent chaque année. Ce sont surtout de jeunes entrepreneurs disposant de diplômes ou issus du secteur de l’informatique qui arrivent sur le marché et s’installent sur une niche.

Le Rendez-vous emploi des entreprises du voyage

Cette première expérience a été un succès. Plus de 1 450 personnes en recherche d’emploi étaient au rendez-vous, et 500 offres ont été proposées par les 30 exposants présents. Notre souhait est de pouvoir renouveler cette opération l’an prochain, de lui donner une plus large place et surtout d’y associer les régions. Mais, aucune décision n’est prise pour le moment.

La garantie des vols secs

Après les déboires des touristes bloqués en Turquie, l’idée d’une garantie vols secs est envisagée par les pouvoirs publics, mais l’APS y est opposée. Le système ne peut pas tenir la route. Il va au-delà de la directive européenne, et constituerait une contrainte supplémentaire pour les professionnels. Et puis, comment pourrait-on garantir une compagnie aérienne, qui elle-même n’a pas de garantie? Les assureurs sont déjà extrêmements frileux, sans compter les garants.

La place des autocaristes

Les autocaristes continuent leur progression au sein de l’APS. En 2005, ils étaient en augmentation de 11 %, cette année ils seront 76, soit une hausse de 6 %. Nous avons fait des autocaristes habilités une de nos priorités. Nous poursuivons cette démarche en travaillant étroitement avec le Snet et la FNTV, afin de définir ensemble les conditions dans lesquelles cette catégorie de professionnels pourrait rejoindre l’association. Au total, l’APS devrait atteindre d’ici la fin de l’année plus de 3 000 adhérents, soit une progression de 4 à 5 %.

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Auteur

  • Catherine Mautalent
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