Le 2 décembre, un autocar Fram transportant 37 touristes européens a été percuté de plein fouet par un semi-remorque, entre Casablanca et Marrakech au Maroc. Le camion, qui circulait en sens inverse, a dérapé sur la chaussée humide. Il a embouti tout l’avant de l’autocar, épargnant uniquement les voyageurs assis après la porte médiane.
Bilan: douze personnes ont trouvé la mort dont huit clients Fram. Parmi les victimes, on compte également trois collaborateurs du TO toulousain, le conducteur du car, le guide et le mécanicien. Le chauffeur du camion a aussi trouvé la mort dans l’accident. Vingt-sept passagers ont été blessés, dont cinq grièvement. La plupart sont originaires des régions de Paris, Bordeaux, Toulouse et Marseille. Ils ont tout d’abord été transférés vers l’hôpital militaire de Marrakech avant d’être rapatriés en France par Elvia-Mondial Assistance, l’assisteur de Fram, qui a immédiatement dépêché une équipe médico-logistique.
Le TO avait mis en place une cellule d’information dédiée à cet accident pour les familles, et des cellules psychologiques attendaient les clients transportables à leur arrivée aux aéroports français. Les touristes effectuaient un circuit "Villes impériales" d’une semaine, organisé par Fram et vendu à d’autres autocaristes (lire "Sur le Vif"). Le car "était un DAF neuf équipé de ceintures de sécurité à l’avant sachant que celles-ci ne sont pas obligatoires au Maroc", et conduit par "un chauffeur qui comptabilisait 30 années d’expérience sans accident", explique Fram. "Il s’agit d’un malheureux accident de la route qui peut se produire n’importe où dans le monde", a fait valoir la directrice générale de l’office du tourisme du Maroc à Paris.
Seulement deux jours plus tard, un nouvel accident a endeuillé le tourisme en autocar, faisant huit morts et 22 blessés. Et fin novembre, six autres touristes français avaient déjà trouvé la mort tandis que trois étaient blessés sur une route du Haut-Atlas, à bord d’un minibus. Chaque année, près de 3 000 personnes perdent la vie sur les routes du royaume. Les seuls mois de juillet et août 2006 ont fait 870 tués, et depuis septembre, plus de 300 autres personnes sont mortes dans un accident de la route.
Cette recrudescence pousse d’ailleurs les autorités marocaines à adopter une réglementation plus sévère: un nouveau code de la route, calqué sur le modèle français, doit entrer en vigueur en janvier 2007. Radars, alcootests, contrôles techniques et paiement obligatoire des amendes en moins de 48 heures à l’appui.
S’il s’agit d’abord d’épargner des vies humaines, le gouvernement marocain veut aussi rassurer les vacanciers français et les professionnels du secteur. Car chaque année, le Maroc reçoit 1,45 million de touristes français, et Fram, qui dispose d’une filiale au royaume chérifien, en fait voyager 120 000 à lui seul.
Pour l’heure, la série d’accidents d’autocars de tourisme ne semble pas entraîner d’annulations de voyages vers le Maroc, indique l’association des tours-opérateurs français (Ceto).
