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Récréo: premier de la classe

2006 Le marché français de l’autocar a son champion incontesté: le Récréo d’Irisbus, le véhicule le plus vendu dans l’Hexagone depuis près de dix ans. Une constante portée par la bonne santé commerciale des scolaires.

Il y a quelques similitudes entre le championnat de France de football et le marché de l’autocar hexagonal. En Ligue 1, on sait depuis quelques années que c’est l’Olympique Lyonnais qui sera champion, tant le club rhodanien domine la compétition. Dans l’autocar, c’est aussi du côté de la ville des gones que l’on trouve le grand vainqueur du marché: Irisbus, et surtout son Récréo. Cette année encore, il va être le véhicule le plus vendu toutes catégories confondues. Le scolaire du Dauphin, fabriqué en République tchèque par Karosa, n’en finit pas de battre les records. Sa dernière année de commercialisation devrait se concrétiser par plus de 500 immatriculations. Ce qui portera le total à plus de 5 000 unités (4 875 à fin octobre 2006), en moins de dix années de carrière (le Récréo a été lancé en 1997) sur le seul marché français.

Car avec Euro 4, l’heure du remplacement a sonné. Le Récréo laisse sa place au… Récréo. Le véhicule prend la robe du Crossway, laisse quelques équipements à l’usine et se dote d’un moteur Euro 4 pour poursuivre sa carrière de bon élève. Mais il garde son nom, ignorant la récente politique patronymique d’Irisbus (nom en “way” pour la ligne et en “ys” pour le tourisme), un signe du statut particulier de l’autocar scolaire.

Des débuts pourtant difficiles

S’il connaît un tel succès, c’est que le Récréo fait le bonheur de ses utilisateurs. Or il n’en a pas toujours été de la sorte. Les premiers véhicules mis sur le marché en 1997 par Renault V.I. souffraient, à l’époque, d’un certain manque de qualité et ne répondaient pas aux standards hexagonaux, donc encore moins aux attentes des transporteurs français habitués, jusque-là, à l’inusable S53. “Nous avons acheté nos premiers Récréo à la rentrée 1997, au moment du lancement du modèle. Ce fut une horreur, les problèmes s’enchaînaient. Nous les avons tous revendus dans l’année pour prendre à la place des Tracer Liberto”, témoigne Bruno Orain, Pdg des Transports Orain, qui possède aujourd’hui 80 Récréo dans son parc. Comment expliquer alors ce retour vers un autocar qui avait tant déçu? “Nous y sommes revenus en 2002, au moment de la fin du Tracer. Nous avions eu vent des améliorations apportées par Irisbus. Et la nouvelle version adoptait le moteur Iveco Cursor dont nous connaissions les qualités au travers du poids lourd. Depuis il nous donne entière satisfaction”, explique-t-il. Ce type de revirement en faveur du Récréo n’est pas isolé. Michel Evrard, Pdg des Transports éponymes en témoigne: “Les premiers véhicules acquis en 1998 m’avaient déçu et contraint à revenir au Tracer et à l’Ares. Qui ne sont tout de même pas l’idéal pour le transport scolaire. Je n’ai repris du Récréo qu’en 2005, avec une commande de dix véhicules. J’ai été convaincu tant par le tarif que par les arguments avancés par le vendeur d’Irisbus. Je ne regrette pas mon choix. L’atelier ne me remonte jamais la moindre information sur ces autocars, ce qui est généralement bon signe”.

Fiabilité: une note excellente

La satisfaction des amateurs de Récréo n’est pas uniquement vénale, car le tarif n’est pas tout. Le point fort de ce car, reconnu par tous, est sa fiabilité. Il semble que les efforts produits par Irisbus pour moderniser l’usine de Karosa aient payé. “Nous n’avons quasiment jamais d’ennuis avec ce véhicule. Sa conception est simple, et les équipements fonctionnent toujours bien. J’ai eu des expériences plus malheureuses avec des autocars scolaires d’une autre marque. Nous avions parfois de mauvaises surprises avant de démarrer un service. Avec le Récréo ce n’est pas le cas”, se réjouit Alain Jumeau, président du directoire de Dunois Voyages. La fiabilité n’est pas le seul atout du Récréo. Il se révèle économique à plusieurs niveaux: à l’achat, à l’entretien, mais également à l’exploitation. “C’est un autocar peu gourmand. Par ailleurs, il plaît aux conducteurs, qui le maîtrisent facilement. Cela permet de le faire passer de main en main sans aucune difficulté”, explique Bruno Orain.

Polyvalence: peut mieux faire

Le Récréo serait-il un véhicule parfait? Non, car il ne collectionne pas que des bons points. Ses utilisateurs lui trouvent même quelques défauts. “Il manque de polyvalence. Il est difficile de l’affecter à un autre service que le scolaire. C’est un peu regrettable, déplore Bruno Orain. C’est notamment pour cette raison qu’il nous arrivait de prendre des Axer. Ce ne sont que des Récréo légèrement améliorés, mais qui peuvent suffire”. L’avis est unanimement partagé. “Il est incontestablement l’outil idéal pour le transport scolaire, mais cela s’arrête là. Il est impossible de le réutiliser pour transporter un groupe d’adultes, même sur une très courte distance. Dans ce cas, sa simplicité de conception et d’équipement devient son handicap. Cependant, comme son prix de vente n’est pas trop élevé, il se rentabilise bien, même sans réutilisation”, complète Alain Jumeau.

Des bons points pour le futur?

Un des événements du dernier MIT International était la présentation du successeur du Récréo, rendu nécessaire par le passage à Euro 4. Irisbus a fait les choses en douceur. Le Dauphin a préservé le nom de son best-seller. Et conservé les points forts de la précédente version: simplicité d’aménagement et de mécanique. Le Récréo nouveau se présente comme une version simplifiée du Crossway, dont il emprunte la carrosserie. Cependant la version Euro 4 suscite quelques interrogations. “Je sais déjà qu’il va être plus cher. La technologie nécessaire au passage à Euro 4 risque d’augmenter les coûts d’exploitation et d’entretien, car il va perdre en simplicité. Et ces dépenses supplémentaires seront certainement à la charge des transporteurs”, regrette Bruno Orain.

Faut-il en déduire que l’avenir du Récréo sera moins rose? Pas nécessairement. Cela fait quelques années que, malgré la concurrence (Fast, Mercedes, Scania, Temsa, bientôt Volvo), il reste premier de la classe. “Je n’ai pas encore vu le nouveau Récréo. J’en ai tout de même commandé deux afin de les tester. Je devrais les recevoir en juin pour la rentrée 2007”, annonce Bruno Orain. Le Récréo devrait conserver sa place au tableau d’honneur.

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Auteur

  • David Reibenberg
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