L’UFC-Que Choisir remet en question les qualités écologiques des biocarburants, et dénonce leurs dispositifs fiscaux.
Le gouvernement français se serait-il trompé de combat écologique? La politique menée en faveur des biocarburants, à grand renfort de communication, est vivement critiquée dans un rapport de l’UFC-Que Choisir. Ce document fait des réserves sur les choix effectués tant sur le plan fiscal qu’environnemental.
Le rendement énergétique des biocarburants y est présenté comme relativement faible. Concrètement: "Le biodiesel bénéficie d’un bilan énergétique et écologique significativement positif, mais n’est pas le cas de l’éthanol". Cette assertion va dans le sens d’une étude publiée en juillet 2006 dans PNAS, la revue de l’Académie scientifique américaine des sciences: "L’éthanol fournit 25 % d’énergie en plus que celle investie dans sa production, alors que le biodiesel fournit 93 % de plus", selon des chercheurs du Minnesota.
En France, les experts se querellent également. L’Ademe (l’Agence pour la maîtrise de l’énergie) affirme que les biocarburants présentent un bon rendement énergétique, alors que l’Inra (Institut national de recherche agronomique) nuance nettement ces propos en utilisant une autre méthode de calcul. Un terrain d’entente existe au niveau de la biomasse, qui permet la production du carburant avec toute la plante et non les seules graines. Les recherches sont en cours et la production à l’échelle industrielle est espérée pour 2010.
Le rapport de l’UFC-Que Choisir se montre encore plus virulent sur la stratégie mise en place par le gouvernement pour favoriser le développement des carburants verts. Il pointe du doigt les dispositifs fiscaux qui prévoient 33 centimes d’euro de TIPP en moins par litre de biodiesel et 38 centimes en moins pour l’éthanol: "La défiscalisation de la TIPP sur les biocarburants ne profitera pas aux usagers domestiques. Elle permettra en fait aux producteurs de constituer une très forte marge en augmentant les prix de vente tout en restant compétitifs par rapport au prix du carburant fossile". Par ailleurs, la TGAP (taxe sur les activités polluantes) de deux milliards d’euros à partir de 2010 viendra renforcer ce qui s’apparente à une rente.
L’UFC préconise donc "une division par deux de l’avantage fiscal des biocarburants, une modulation de la défiscalisation de la TIPP en faveur du biodiesel (…), une diminution de l’effort financier pour les producteurs de biocarburants et l’investissement dans les transports en commun". Et elle milite pour qu’une conférence scientifique mette un point final au débat actuel.
