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Canada, le retour en grâce

Québec ou Grand Nord? Les touristes français n’ont que ces deux destinations en tête. La Commission canadienne du tourisme met donc les bouchées doubles pour promouvoir l’Ontario et diversifier l’offre des "groupistes".

Entre 1986 et 1996, il était de bon ton de prendre ses vacances au Canada. Depuis, l’effet de mode s’est dissipé au profit de la Chine, de l’Inde et de l’Asie du Sud-Est. Avec la hantise du terrorisme post 11 – septembre, les pays d’Amérique du Nord ont touché le fond en 2002 et 2003, les touristes européens n’osant plus traverser l’Atlantique. “À cette époque, on était bien en dessous des 496 000 visiteurs français dénombrés en 1996. Il a fallu réfléchir à une nouvelle stratégie pour séduire à nouveau. Depuis deux ans, nous ressentons les premiers signes d’un regain d’intérêt”, assure Danielle Cordisco, responsable des relations avec l’industrie touristique à la Commission canadienne du tourisme à Paris (CCT).

Pour relancer la machine, la CCT a commencé par remettre en selle les circuits classiques: sports d’hiver, séjours nature et Québec. Les individuels ont répondu présents, les chiffres de fréquentation en font foi. En 2005, 356 000 Français ont mis le pied sur le sol canadien. Un an plus tard, ils étaient 380 000.

L’Ontario, cet inconnu

Pour faire vraiment décoller la destination, Danielle Cordisco ne jure plus que par les groupes. “Nous avons fait beaucoup d’efforts ces derniers mois sur ce terrain. Nous étions présents à trois salons destinés aux comités d’entreprise à Paris, Lyon et Marseille. Nous avons multiplié les réunions d’information et les séminaires pour aider les groupistes à établir des circuits. Notre objectif est de mettre en valeur le haut de gamme.” Mais il fallait mettre autre chose en avant, les produits phare peinant à trouver un second souffle. Le public français ne connaît qu’une mince partie de ce vaste territoire, ignorant l’Ontario. “Des villes comme Toronto ou Ottawa sont vampirisées par la notoriété de Montréal”, note encore Danielle Cordisco.

Or la liste des sites de cette province à valoir plus qu’un simple détour est longue: Toronto, Ottawa, Kings-ton, les Grands Lacs, les chutes du Niagara, la région du Muskoka et son charmant petit bourg Huntsville, le parc Algonquin, la route des vignobles et les réserves indiennes. Pour des raisons historiques et culturelles, les Français préféreront s’envoler sur les traces de leurs ancêtres. Et après? “C’est tout le sens de notre slogan publicitaire: Le Canada, il nous reste tant à découvrir. La plupart du temps, les gens veulent revenir après un premier voyage. Pourquoi ne découvriraient-ils pas d’autres provinces? Et pourquoi pas l’Ontario?

Les circuits classiques intègrent parfois des excursions: une nuit à Toronto suivie des chutes du Niagara à deux heures d’autocar. Aux yeux de la responsable, c’est trop peu. “Il y a une place pour d’autres approches de cette région. Des possibilités de circuits dans tout l’Ontario, avec des activités nature, des sports d’hiver et la culture locale”.

Les autocaristes ont une carte à jouer

Ce message, Danielle Cordisco espère le faire passer auprès des autocaristes. Pourtant la Commission canadienne du tourisme n’était pas présente au dernier MIT International. Elle y sera très vraisemblablement lors de prochaines éditions. “Nous percevons les autocaristes comme des tour-opérateurs traditionnels. Nous aimerions nouer des partenariats avec eux. Si la plupart reprennent des programmes de Vacances Transat et fonctionnent en GIR, certains conçoivent leur propre circuit.

Carole Gentilini-Badin, forfaitiste et coordinatrice au service production de l’association Arts et Vie, ne sait pas si la demande pour ce type de séjours sera au rendez-vous. Mais elle croit “qu’il y a matière à faire un itinéraire intéressant en Ontario et rien que là. D’autant que des circuits longs et chers n’effraient pas forcément les gens. C’est peut-être le moment de se diversifier. On fait du classique depuis tant années!”.

Même si le Canada n’a pas autant la cote que dans les années 90, le retour en grâce de cette destination paraît bien réel. “En 1996, nous étions à 700 inscriptions en individuels regroupés. Elles sont 150 aujourd’hui, et ne cessent de progresser. La Chine est aujourd’hui au top. Mais je crois qu’après les Jeux Olympiques de Pékin, les prix vont grimper, et la destination s’essoufler. Des pays comme le Canada peuvent très bien en profiter”, souligne la voyagiste.

Les compagnies aériennes sentent le vent tourner. Pour les groupes, Air France pratique déjà depuis quelques années une politique tarifaire des plus attractives vers le Canada. Tout en prenant des parts de marché, la compagnie charter Air Transat a récemment noué un partenariat avec la Commission canadienne du tourisme. Quant à Air Canada, sa stratégie ne diffère pas de celle de ses concurrents: “Il s’agit pour nous de remplir des avions en période creuse et de rentabiliser certaines lignes. La solution? Les groupes. On s’emploie donc à proposer de meilleurs tarifs”, explique un commercial de la compagnie.

Les indicateurs sont donc au vert pour que la destination retrouve un niveau conforme à son statut et à la beauté de ses paysages.

Nicolas Jaffrenou, chef de produit chez Nouvelles Frontières

Êtes-vous sensible aux arguments développés par la Commission canadienne du tourisme à Paris?

Les plus frileux pourront au moins s’appuyer sur l’expérience de certains voyagistes qui prévoient de concevoir de nouveaux itinéraires. Je pense que je vais préparer un programme spécifiquement Ontario. Il faut que je travaille sur des détails comme la liaison aérienne. Dans l’idéal, j’aimerais mieux que les groupes ne passent pas par Montréal: les séjours étant assez courts, on ne peut y rester plus d’une nuit. Mais cela peut créer un sentiment de frustration, surtout pour ceux qui ne connaissent pas la ville.

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Auteur

  • Xavier Renard
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