Deux mots magiques permettent de vendre la Roumanie aux touristes français: Transylvanie et Dracula. Autant le dire tout de suite, le héros de Bram Stoker ne hante guère que les étals des marchands de Sighisoara (qui abrite sa maison natale) et du château de Bran (décrit dans le roman). Vlad Tepes était un noble valaque héros de la résistance anti-turque du XVe siècle. C’est le massacre de marchands saxons installés dans le nord du pays qui lui valut, dès cette époque, une douteuse célébrité. Attention de ne pas trop le mettre en avant comme argument de vente. Il reste peu de chose de lui, et les Roumains commencent à peine à en percevoir toute la portée commerciale.
Comme la plupart des villes roumaines, Sibiu a été fondée par les Romains, conquérants de la Thrace. Mais se sont les colons saxons qui édifièrent la cité au Moyen Âge sous le nom d’Hermannstadt. Les places de la ville haute et les vestiges des fortifications témoignent de ce passé. Capitale européenne de la culture avec Luxembourg cette année, Sibiu a bénéficié d’un plan de rénovation de son patrimoine.
Si un seul musée doit être visité, choisir la galerie d’art Bruckenthal, qui compte plus de 1 100 toiles dans un bâtiment baroque. Plus vieux musée de Roumanie (1817), il est le plus important après celui de Bucarest.
La 3e ville du pays trouve aussi ses origines dans la colonisation saxonne de la Transylvanie. Une architecture germanique, de vastes places, la Biserica Neagra (église noire) sauvée des flammes lors de l’incendie de 1689, le quartier roumain de Schei hors des murs sont autant d’éléments composant le tour de ville. Il faudra aussi visiter la station de sports d’hiver voisine, Poïana Brasov, qui domine toute l’agglomération.
À 15 kilomètres au sud de Brasov, sur la route du fameux château de Dracula, la ville industrielle de Rasnov est dominée par une citadelle construite sur un piton rocheux émergeant de la forêt. Accessible par un chemin de terre (pratiquable), le site offre un panorama sans égal sur la chaîne des Bucegi.
À Bran, les amateurs de frisson seront déçus. Le château n’a rien de la bâtisse lugubre ayant pu abriter Vlad Tepes. Il possède au contraire une architecture romantique et un charme indéniable. Il a abrité la dernière reine de Roumanie dans les années 20. C’est pour cela qu’il mérite un détour, et non pour l’ombre du vampire.
Encore un bourg saxon du XIIIe siècle. Ici est né Vlad Tepes, c’est donc le lieu le plus mythique de la légende. En dehors de cela, cette cité féodale est la plus évocatrice et la mieux conservée de la Transylvanie. Incontournable donc.
– En tant que tour-opérateur généraliste, pourquoi avoir intégré la Roumanie dans votre production?
C’est vrai qu’initialement, Parfums du Monde est plutôt un spécialiste du bassin méditerrannéen. Nous avons 67 destinations au catalogue, mais nos produits phares restent la Tunisie, le Maroc et l’Andalousie.
Après avoir lancé des offres sur la Pologne, nous avons constaté un véritable engouement de la clientèle groupes pour les pays d’Europe centrale. La Roumanie a donc fait son apparition dans notre catalogue en 2006. Nous avons vendu 200 pax l’an dernier, et ce chiffre est déjà atteint à la date d’aujourd’hui, ce qui est encourageant.
– Quelle est la motivation principale de la clientèle?
Dracula est toujours une valeur sûre du mythe roumain. Plus sérieusement, les groupes qui constituent la clientèle des autocaristes avec qui nous travailllons, ont déjà beaucoup voyagé. Ils veulent découvrir une nouvelle destination et voir si la Roumanie est bien à l’image de ce qu’ils ont en tête. L’an dernier, nous avons commercialisé un circuit standard en 7 jours, plus deux nuits à Bucarest. Pour l’instant, nous ne proposons pas de séjour dans le delta du Danube.
– Quels sont les défauts de ce pays?
Il manque cruellement d’une infrastructure hôtelière de qualité, ce qui nous oblige à travailler avec des chaînes comme Accor. Et le réseau routier n’est pas encore à la hauteur. Enfin, travailler avec les Roumains n’est pas toujours facile. Le pays revient de très loin, la plupart de nos interlocuteurs ont du mal à développer de véritables stratégies. Ils vivent dans l’instant présent avec pour seul souci la rentabilité immédiate.
– Est-ce à dire que les circuits en autocar sont à proscrire?
Non. Nous allons même en proposer un dans notre catalogue 2007.
Il partira de France avec une entrée en Roumanie par l’Allemagne.
Il s’agira d’un 13 ou 14 jours vendu entre 1 000 et 1 300 euros. Et comme toujours, nous sommes à même d’assurer les tâches d’un service groupes pour les autocaristes, notamment pour les regroupements de clientèle.
– Quelles sont les bonnes périodes pour visiter ce pays?
Le printemps et l’automne sont les deux périodes de prédilection, car la nature prend alors tout son éclat.
Ce qui en fait une destination parfaite pour les groupes. Ajoutez à cela une culture forte et une tradition culinaire intéressante, tous les ingrédients du succès sont réunis.
P.C.
