L'aérien sera-t-il bientôt soumis aux permis d'émission de CO2 comme le préconise la Commission européenne? Une enquête enfonce le clou.
Alors que le ministre des Transports, Dominique Perben, pointait du doigt les transports aériens à l'issue de la projection du film d'Al Gore sur le réchauffement climatique (Une vérité qui dérange, projeté le 5 février à Paris devant tous les cadres du ministère), une enquête de la Direction générale de l'aviation civile (DGAC) en remet une couche.
78 % des personnes interrogées lors de cette enquête considèrent ce mode de transport comme "porteur de nuisances". Le bruit arrive en tête, suivi de la pollution locale et du dégagement de CO2. Cependant, 92 % estiment que le transport aérien doit continuer à se développer, mais qu'il vaut mieux l'encadrer pour qu'il rejette moins de gaz à effet de serre. En France, l'avion est à l'origine de près de 4 % des émissions de ces gaz, en hausse de 9 % depuis 15 ans.
Dans une proposition de directive déposée fin 2006, la Commission européenne veut intégrer le transport aérien dans le marché d'échanges des permis d'émission de gaz à effet de serre. Sur le modèle des échanges de quotas d'émissions dans l'activité industrielle. "En 2004, ces émissions ont augmenté de 7,5 % par rapport à 2003, et bondi de 87 % depuis 1990", peut-on lire dans le rapport de la commission.
Pour l'instant, il n'est pas envisagé d'impliquer financièrement les passagers, via une éventuelle taxe sur les billets d'avion au départ ou à destination d'un pays européen. Outre-Manche, c'est chose faite: le ministre britannique des Finances, Gordon Brown, a décidé d'augmenter le prix des billets d'avion d'environ sept euros au départ du Royaume-Uni. Certaines compagnies, comme British Airways et Continental, ont absorbé cette taxe sans réclamer une livre sterling aux passagers qui avaient déjà payé leurs billets. Elles la répercuteront par la suite sur les prix comme les autres transporteurs aériens l'ont déjà fait.
