Il fallait s'en douter. Ceux qui n'ont pas oublié les leçons de calcul si chèrement acquises sur les bancs du primaire ne sont pas surpris que le transport aérien se voit appliquer le principe du pollueur / payeur. Combien de litres de carburant un voyageur consomme-t-il pour faire Paris / Strasbourg en avion, en train et en autocar? Pour ne considérer que le transport collectif. Cette simple équation, n'importe quel élève de CM2 peut la résoudre. Le monde politique, qui sait compter – ne serait-ce que ses électeurs – ne s'est pas trompé. Il a compris qu'il devait changer nos habitudes de déplacement. Certes, ce monde nouveau va déplaire à ceux qui croient encore que le modernisme et la réussite riment avec une collection de cartes d'embarquement soigneusement conservée dans la boîte à gants d'une très grosse voiture. Demain est synonyme de téléconférences, de transports publics et de vacances au long cours un peu plus coûteuses. Quelle sera la place de l'autocar? Il s'agit toujours d'un simple calcul. L'avion sera bientôt disqualifié pour les distances de moins de 600 kilomètres. Le TGV ne peut pas aller partout, et pour des parcours de moins de 300 kilomètres, il véhicule encore une image de transport de masse, impersonnel et pas si économique qu'on le dit. Que reste-t-il? La voiture. Pour ceux qui veulent encore s'énerver dans les embouteillages, d'accord. Et les autres? Il faut leur offrir une vraie alternative de déplacement en autocar. Militer auprès des pouvoirs publics pour que soient enfin autorisées les lignes régulières nationales. Il faut miser sur le confort de véhicules de 25 places, avec hôtesse, collation, vidéo, wi-fi et voies réservées aux abords des agglomérations. Seul l'autocar peut aller chercher ses clients au plus près de leur domicile et leur offrir un voyage d'un excellent rapport qualité-prix. Il reste encore un peu de chemin à parcourir avant que le principe autocar = confort + économie + protection de l'environnement + plaisir de voyager prenne rang de théorème. Mais la clientèle calcule vite lorsque l'énoncé du problème est clair.
