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GEORGES COLSON, président du Snav

"Nous aurons une union professionnelle plus efficace"

Adopté au forceps, le projet de réforme des statuts du Snav est enfin sur les fonts baptismaux. La balle est désormais dans le camp des adhérents. Explication de texte avec son président.

Après trois ans d'âpres et difficiles négociations, le conseil national du Syndicat national des agents de voyages (Snav) a adopté à l'unanimité des suffrages exprimés (51 votes pour, 3 abstentions) le projet de réforme des statuts. Tous les amendements proposés par les administrateurs ont été étudiés et soumis au vote. Principaux changements: le conseil national disparaît, et les trois familles professionnelles (producteurs, distributeurs et réceptifs) gagnent leur autonomie.

Le conseil national du Snav a donné son feu vert pour la réforme en adoptant le projet de nouveaux statuts. Vos premiers commentaires?

– Georges Colson: Le projet de statuts répond pleinement au contrat d'objectifs pour une nouvelle représentation professionnelle que j'ai proposée aux adhérents et aux administrateurs. C'est le sens de la responsabilité et la volonté d'une union professionnelle efficace pour les membres qui a présidé à ce vote. C'est une grande satisfaction. Le travail a été long, souvent difficile, mais aujourd'hui une étape importante a été franchie.

Trois ans de négociations, une réforme qui n'a pas toujours fait l'unanimité dans la profession. Quels étaient les principaux freins?

– G.C.: Cette réforme ne s'est pas faite dans la facilité. Il a fallu tenir compte des prérogatives, des habitudes, des avantages acquis, et aussi de l'ego de certains. Pour rendre plus efficace la nouvelle organisation, il a fallu supprimer un organe important, le conseil national. Il rassemble actuellement 54 personnes, et ce nombre passera à 14. L'autre difficulté a été de trouver un équilibre entre les différentes familles qui composent notre profession (les producteurs, les distributeurs, les réceptifs et les régions, Ndlr). Leur représentativité doit être égale.

Il y a eu ensuite le cas des régions qui, dans les nouveaux statuts, perdront un peu de leur représentativité. Le nombre de leurs représentants passera en effet de 16 à 3. Tous ces changements et évolutions ont nécessité de longues discussions pour arriver à un consensus.

La mise en place de ces nouveaux statuts aura-t-elle un impact sur le budget du syndicat?

– G.C.: Le Snav vit – et vivra – principalement des cotisations de ses membres. La question d'une éventuelle augmentation n'est pas à l'ordre du jour. Ma priorité aujourd'hui est avant tout d'augmenter le nombre des adhérents.

Le Snav changera-t-il de nom?

– G.C.: Depuis longtemps, le terme de “syndicat” est jugé péjoratif par la plupart des adhérents. Le souhait a en effet été exprimé de changer de nom. Différentes propositions ont été soumises au conseil, mais aucune pour l'instant n'a été retenue. Le syndicat a fait appel à un cabinet spécialisé qui se chargera de cette tâche.

Dans cette nouvelle organisation, quelle place les distributeurs vont-ils accorder aux indépendants?

– G.C.: Les indépendants doivent cesser de critiquer pour passer à l'action. Dans cette grande famille de la distribution, chacun aura son rôle à jouer. Il serait regrettable qu'il y ait des guerres internes, alors que les indépendants constituent, eux aussi, une force de la profession.

Quelle sera la prochaine étape?

– G.C.: Le projet de statuts sera envoyé prochainement à l'ensemble des adhérents, afin qu'ils en prennent connaissance. Le vote pour l'adoption de ces statuts aura lieu au cours de l'assemblée générale extraordinaire qui se tiendra le 15 mars prochain. Si ce projet est accepté, la mise en application des nouveaux statuts interviendra le 1er octobre 2007.

Êtes-vous confiant sur le verdict des adhérents?

– G.C.: Le bureau exécutif a adopté le projet de statuts, le conseil national en a fait autant. Comment pourrait-il en être autrement de la part des adhérents? Si les repré-sentants élus par la profession n'étaient pas arrivés à se mettre d'accord, cela voudrait dire qu'ils n'ont pas compris les attentes de leurs membres.

Cette refonte des statuts n'arrive-t-elle pas trop tard? Alors que les producteurs quittent un à un le Snav?

– G.C.: Chacun est libre d'adhérer ou de partir. Nous avons perdu cinq tour-opérateurs bien connus, ce qui a marqué les esprits. Ils font une contre-publicité à notre syndicat, mais reviendront sans doute.

Le Snav regroupe aujourd'hui 140 tours-opérateurs, et le départ de quelques-uns, même s'ils sont importants, ne peut être comparé à une hémorragie. Il y a plus de quarante sociétés de tour-operating qui sont représentées au Snav, et non des moindres. Elles n'ont pas, à mon avis, l'intention de partir. Il faut maintenant que la famille des producteurs se remette au travail. Le Snav n'a pas vocation à travailler pour le compte d'un métier en particulier, et je m'élève en faux quand j'entends dire que nous n'avons rien fait pour les producteurs. Nous nous battons pour tout le monde.

Une fois les nouveaux statuts adoptés, serez-vous candidat à votre propre succession?

– G.C.: Je n'ai pas encore pris ma décision, il me reste encore quelques mois pour y réfléchir. J'ai déjà dit que j'étais prêt à donner encore de mon temps. Et si tout se met en place comme prévu, je souhaiterais accompagner le démarrage de cette nouvelle vie du syndicat.

LES NOUVEAUX STATUTS EN 5 POINTS

– Le syndicat devient une union professionnelle composée d'instances aux missions clairement définies.

– Un conseil d'administration (instance centrale) est chargé des actions touchant toute la profession.

Son président doit être titulaire d'une licence d'agent de voyages, et l'idée d'une possible rémunération a été évoquée. Ce président est épaulé par un vice-président, un trésorier, trois représentants pour chaque métier, trois autres pour les régions, ainsi que par le président de l'APS.

– Trois instances par métier (producteur, distributeur et réceptif) sont chargées des questions qui leur sont propres. Elles sont autonomes pour les actions et les prises de décisions.

Chaque famille de métier a son conseil avec six membres au moins. Les instances établissent leur règlement intérieur et leur fonctionnement.

– Une instance dans chaque région défend les intérêts locaux de la profession.

– La compétence technique est assurée par des comités dédiés. Ils sont au service des différentes instances et des adhérents.

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Auteur

  • Catherine Mautalent
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