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Busworld Turkey jette un pont sur le Bosphore

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Busworld Turkey jette un pont sur le Bosphore

Crédit photo Pierre Cossard

Parce que 20 % des autocars qui circulent dans l’Hexagone sont fabriqués en Turquie, le premier salon stanbouliote consacré à cette industrie est un événement.

Les autocars turcs ne sont pas encore européens, mais ils sont déjà sur nos routes. Un véhicule immatriculé sur cinq l’an dernier en France a été fabriqué par-delà la Sublime Porte. Quand Busworld a décidé de lancer une édition turque de ses salons, du 8 au 10 février derniers, tout le monde a donc salué l’initiative. Et toute la presse spécialisée européenne s’est déplacée.

C’est qu’une industrie qui a produit environ 40 000 véhicules en 2006 ne laisse pas indifférent. Ce pays de 70 millions d’habitants dispose d’une infrastructure ferroviaire limitée, et les liaisons aériennes internes sont longtemps restées insuffisantes et onéreuses. L’autocar est donc depuis toujours le mode de transport en commun interurbain le plus usité. Une des plus impression-nantes gares routières du monde est d’ail-leurs celle d’Otagar à Istanbul, qui voit chaque jour se croiser des milliers de véhicules en provenance de tout le pays. Pour le transport urbain, seules trois agglomérations disposent d’un métro: Ankara, Izmir et Istanbul. Cette dernière ayant aussi depuis peu mis en service un tramway. La majorité des villes s’appuient donc des réseaux de surface.

Une industrie qui fête déjà ses 40 ans

C’est pour faire face à ces besoins importants que l’industrie locale s’est développée vers le milieu des années 60, essentiellement dans la production de minis et midibus. Les autocars standards de 12 mètres furent longtemps réservés à l’usage touristique ou aux lignes longues distances, parfois très luxueuses. Ils gagnent aujourd’hui du terrain, même si 80 % de la production turque concerne toujours les petits véhicules.

Les constructeurs européens en mal de sites de production à coûts réduits ne se sont pas trompés sur les possibilités de l’industrie turque. Man s’est installé là-bas en 1966, suivi de près par Mercedes-Benz qui, dès 1967, fit construire son O 302 sous licence par Otomarsan dont il prendra finalement le contrôle dans les années 90 pour constituer Mercedes-Benz Türk. Depuis, les deux constructeurs “importent” sur le Vieux Continent une partie de leur gamme directement de Turquie, tandis que les constructeurs locaux comme Temsa, et maintenant Otokar (voir notre article p. 34) exportent leurs produits depuis plusieurs années avec succès.

Busworld Turkey arrive donc dans un contexte de développement tous azimuts. Les constructeurs turcs affichent des croissances à deux chiffres et ont des appétits gargantuesques (voir p. 31 l’interview du Pdg de Temsa), à faire pâlir d’inquiétude les grands noms occidentaux. Tous les ingrédients d’un bon salon étaient donc réunis.

Un début prometteur

Et cette première manifestation est une réussite. Elle occupait deux halls complets du palais des expositions d’Istanbul, et regroupait près de 70 exposants. Une bonne dizaine de constructeurs ont fait le déplacement, et les visiteurs ont pu admirer une trentaine de véhicules sur les différents stands. Busworld Turkey s’adresse bien entendu aux transporteurs locaux, mais c’est aussi pour les industriels présents une formidable vitrine de leur savoir-faire pour l’export. Seuls manqueront finalement à l’appel, l’Allemand Man Turkiye qui possède pourtant une usine à Ankara, et BMC. Les autres étaient tous là, et même le constucteur chinois King Long, qui a trouvé opportun de venir présenter un des fleurons de sa gamme.

Chaque pays a ses rituels. À Shangaï c’est un dragon porte-bonheur qui ouvre le salon pour en chasser les mauvais esprits. À Istanbul, tous les stands étaient ornés de brassées de fleurs, et de belles hôtesses accueillaient les visiteurs. L’ambiance était donc à la liesse.

Bus & Car vous offre un tour des stands en images, pour découvrir ce que nos voisins turcs proposeront peut-être demain sur le marché français.

3 questions à …
Mehmet Buldurgan Pdg de Temsa

– Quel est le poids de Temsa dans la production de véhicules de transport de voyageurs?

Nous avons produit l’an passé 2 200 véhicules, dont à peu près 1 200 autocars aux standards du marché européen. En dix ans, nous avons pratiquement multiplié par cinq notre capacité. Nous disposons aujourd’hui d’un outil de production moderne, certifié ISO 9001, et venons de construire un vaste show-room à côté de notre usine d’Adana. Notre stratégie consistant à nous appuyer sur des revendeurs locaux, comme Dietrich Carebus en France, a pleinement porté ses fruits, et nous maintiendrons cette politique.

– Après l’Europe, quels sont les marchés visés par Temsa?

En fait, nous voulons aller au-delà du seul continent européen. Nous souhaitons devenir un constructeur global à l’échelle mondiale. Aujourd’hui, près de 80 % des autocars et autobus, et 30 % des minis que nous produisons partent à l’exportation dans les quarante pays dans lesquels nous sommes présents. Pour faire mieux, nous allons devoir développer maintenant notre outil de production.

– Où allez-vous construire de nouvelles usines?

La première se situera en Égypte. Nous avons déjà créé une joint-venture avec un industriel local, et posé la première pierre d’un site installé à 80 kilomètres au sud du Caire.

Nous pensons que la production commencera dès 2008, avec 800 véhicules destinés aux différents marchés du Moyen-Orient.

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Auteur

  • Pierre Cossard
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