Un collégien tué et trois blessés dans un car scolaire.
Le bilan est lourd. La victime de l’accident de car scolaire de Loudun (Vienne) le 12 mars, est un collégien de 12 ans. Une enquête est toujours en cours pour déterminer les circonstances exactes du drame. Le S 53 RX des Cars Millet (au sud de Tours) aurait refusé la priorité à un poids lourd, qui l’a percuté.
"Le conducteur âgé de 60 ans connaît parfaitement cet itinéraire. Nous avons remporté ce circuit, il y a deux ans, et nous avons récupéré ce conducteur. Cela fait dix ans qu’il fait ce parcours", explique David Millet, Pdg de l’entreprise. D’après les informations recueillies auprès des autres passagers, la victime se trouvait debout à côté du chauffeur au moment de l’impact. "Il a pu lui boucher la vue ou au minimum le distraire. Sans vouloir dédouaner l’entreprise, cela doit poser le problème de la discipline des élèves dans les autocars scolaires. Le conducteur a perdu toute autorité. Lorsqu’il réprimande les élèves pour simplement leur faire comprendre que le car n’est pas une cour de récréation, il se retrouve avec les parents sur le dos. Deux jours plus tard, sur ce même circuit, il a fallu stopper le véhicule quelques instants, le temps que les passagers se rassoient. Avec un parent d’élève nous allons faire passer un message de sensibilisation", raconte David Millet.
Compte tenu de l’âge du véhicule, (le Renault S 53 RX a été fabriqué avant 1999), on peut être tenté de pointer du doigt l’absence de ceinture de sécurité. Depuis cette date, tous les véhicules produits sont équipés de série de ce dispositif. Le chef d’entreprise reconnaît l’utilité de cet équipement, au moins sur le plan disciplinaire. "Le port obligatoire de la ceinture de sécurité engage les élèves et leurs parents", explique-t-il. Mais il semble économiquement impossible de mettre au rebut tous les véhicules antérieurs à 1999.
"C’est la raison pour laquelle, je milite pour l’autorisation d’installer des ceinture en deuxième monte. Le coût avoisinerait les 4 000 euros par véhicule, ce qui est très supportable. Techniquement, c’est faisable, compte tenu de la faible vitesse commerciale des autocars scolaires, on ne risque guère l’arrachement. Je me propose même de faire office d’entreprise pilote", conclut David Millet.
