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Le Snet cherche son buis son ardent

Les autocaristes sont allés dans le Sinaï chercher leur terre promise. Ils ont trouvé la réglementation européenne, et une clientèle de nouveaux seniors plus dure à convertir.

La centaine d’adhérents du Snet qui a répondu présent à l’appel de la XIIe édition du Printemps de l’Autocar à Sharm el Sheik, à l’extrême sud du Sinaï, n’est pas revenue avec les Dix Commandements en poche. Les autocaristes ont juste ramené dans leurs bagages une douzaine de jours de conduite consécutifs désormais obsolètes, onze fiches techniques produites par la FNTV sur les différentes énergies disponibles pour leurs véhicules, et une vision un peu plus claire des attentes de leur clientèle senior. Pas de miracle donc.

On est loin du peuple élu

Le débat consacré au règlement européen 561/2006, qui signe le 11 avril l’arrêt de mort de la dérogation autorisant douze jours de conduite consécutifs, a été le plus animé.

Il s’agissait surtout, pour une partie de l’assistance, de prendre connaissance du détail des mesures contre lesquelles a été organisée la manifestation du 14 mars (voir en particulier notre article en page 20).

Le sujet baptisé “l’autocar, acteur du développement durable” aura aussi pris un tour pédagogique. Gabriel Plassat de l’Ademe, après avoir brossé un état des lieux plutôt pessimiste en matière environnementale, relativise la part de l’autocar dans la consommation d’énergie fossile liée aux transports. Toutes activités confondues, elle ne dépasse guère 1 % du total.

Les constructeurs présents et Daniel Parsy, président de la commission technique de la FNTV, font ensuite le tour des pistes de recherche actuelles, pour aboutir à une conclusion simple: l’autocar de tourisme roulera au diesel tant qu’il y en aura. Même si, bien sûr, avec les normes Euro 5 et 6, ce type de motorisation n’est guère plus polluant qu’un autre thermique, GNV compris.

"Je vous ai compris"

Invité par le Snet, Jean-Bernard Bros, adjoint au maire de Paris en charge du tourisme, découvre visiblement quelques vertus à ce mode de transport touristique, mais c’est sans doute l’objectif recherché par Thierry Schidler. L’élu, accusé de mettre en œuvre une politique discriminatoire à l’encontre des autocars de tourisme dans la capitale, se montre ouvert et habile. Il promet d’étudier avec ses collègues la possibilité d’ouvrir les couloirs de bus aux autocars de tourisme, au moins sur certains circuits bien définis.

Ce printemps voit donc refleurir le dialogue entre les professionnels et la collectivité.

Récolter la manne des papy-boomers

L’ultime débat se penche sur les attentes de la nouvelle génération de seniors, ceux qui ont entre 50 et 60 ans, et que les instituts baptisent les “papy-boomers”. L’idée qui prévaut étant de donner aux autocaristes quelques clés pour attirer cette manne en passe de leur échapper.

Si les seniors les plus âgés voyagent volontiers en groupes, les enfants du baby-boom apprécient l’indépendance. Plus de 73 % d’entre eux refusent pour l’instant les voyages exclusivement entre seniors. Ils ont un pouvoir d’achat important, du temps libre et généralement plus d’enfants à charge. Ayant connu une diversité et une mobilité professionnelles, ils sont habitués aux courts séjours pris de manière régulière.

Ils recherchent l’aventure, les sensations fortes et souhaitent s’éloigner dès que possible de l’autocar et du groupe. Ils restent dans une dynamique jeune, ce qui promet un bel avenir aux séjours “intergénérationnels”. Les anciens baby-boomers sont des clients exigeants qui ne se contentent plus des seules visites, privilégient les voyages à thème, sont à la recherche d’authenticité. Il sont aussi pointilleux sur le service et la qualité des prestations. L’autocar sera pour eux un moyen et non un but .

Comment les convertir?

L’autocar devra donc leur être proposé comme une solution pour voyager, complémentaire de l’avion ou du train. Frédéric Serrière, l’auteur de l’étude présentée, propose quelques pistes pour convertir cette population à la religion autocar: “Il convient de parler du service proposé plus que du prix. Il faut évoquer le contenu du voyage et les valeurs prônées, ainsi que le plaisir que les voyageurs connaîtront en visitant telle ou telle destination”. L’exposé se conclut sur une longue série de recommandations pratiques pour réussir la communication à destination des nouveaux seniors.

Il en ressort que les autocaristes doivent s’adonner à un exercice difficile, qui consiste à tenir compte de l’âge de cette clientèle sans nécessairement le lui rappeler. “C’est l’une des difficultés de la publicité à destination de la cible seniors, explique l’intervenant. Il est nécessaire de savoir leur parler, sans les prendre pour des vieux, tout en répondant à leurs attentes”. Il conclut d’ailleurs sur le fait que cette génération utilise abondamment internet, et que les autocaristes ne doivent absolument pas négliger ce média pour les toucher.

5 questions à …
Thierry Schidler président du Snet

– En marge de ce XIIe Printemps de l’Autocar, se pose la question du rapprochement de votre syndicat avec la FNTV. Un an après une poignée de mains historique, où en êtes-vous vraiment?

En fait, les négociations piétinent toujours, notamment sur un problème de budget. La FNTV nous propose 20 000 euros par an pour assurer notre action syndicale sur le tourisme en autocar, alors que nous disposons aujourd’hui d’un budget de l’ordre de 75 000 euros.

Le différentiel est trop important, d’autant que nous craignons que nos adhérents ne voient pas à court terme l’utilité de continuer à payer deux cotisations.

C’est donc une des pierres d’achoppement majeures entre la fédération et nous.

– Parce qu’il y en a d’autres?

Oui, la FNTV souhaite que le président du Snet soit aussi président de la commission Tourisme. Or je reste convaincu qu’il ne doit exister qu’une instance représentative de ce métier, au risque de brouiller le message. Dans le même ordre d’idée, la FNTV souhaite avoir un droit de regard permanent sur notre communication, ce que je ne peux accepter.

Le Snet doit conserver son libre arbitre.

– Êtes-vous toujours animés d’une volonté d’union, ou les ponts sont-ils finalement rompus?

Nous souhaitons toujours travailler ensemble, des pas ont été faits.

Nous avons officiellement invité la FNTV à participer au Printemps de l’Autocar, et la fédération a prévu une matinée de travail consacrée au tourisme lors de son prochain congrès. Nous y serons présents.

Il reste cependant quelques points fondamentaux à rediscuter, et plusieurs malentendus à dissiper.

Par exemple, j’affirme ici haut et fort que je n’ai aucunement l’intention de devenir président de la FNTV, comme je l’entends parfois. Au contraire, je pense même que la présidence du Snet devrait revenir à quelqu’un d’autre à la prochaine échéance.

– Est-ce dans cette optique d’affirmation de votre indépendance que vous avez multiplié les partenariats ces derniers temps?

En fait, notre syndicat séduit, ce qui explique la multiplication des partenariats. Mais nous allons aussi essayer d’augmenter le nombre de nos adhérents.

Ils sont cinq à dix par an à nous rejoindre, mais d’autres disparaissent au gré des ventes d’entreprises.

Nous devons donc nous mobiliser pour faire venir de nouveaux autocaristes.

– Quelle image du Snet mettrez-vous en avant pour vous lancer dans cette campagne de séduction?

Bien sûr, nous n’avons guère remporté de grandes victoires, mais notre action est un combat de tous les jours. Et nous pouvons dire aujourd’hui que le Snet est écouté par notre ministère de tutelle.

En juin, dans le cadre de la présidence tournante, nous aurons les rênes de l’Ucat, et il est clair, aux vues des modifications apportées à la loi de 92, que le ministre du Tourisme nous a écoutés sur ce dossier particulier.

Nous avons démontré notre capacité à expliquer simplement nos problématiques à nos interlocuteurs et à nous faire entendre. Nous essaierons de faire de même sur d’autres sujets d’importance.

Propos recueillis par P.C.

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Auteur

  • Pierre Cossard
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