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Arcachon fait son tour de bassin en autobus

Pour sauver le bassin de l’asphyxie, l’agglomération arcachonnaise vient d’ouvrir son premier réseau de transport urbain. Un billet unique TER-autobus pour diminuer le trafic automobile, hiver comme été, et laisser respirer les pins des Landes.

Du temps de l’impératrice Eugénie et de la mode des villes d’eau, on ne lésinait pas sur les transports collectifs. À Arcachon, les frères Pereire (deux riches industriels à l’origine du développement de la station balnéaire aux portes des Landes) ne se sont pas contentés de construire les extravagantes villas mauresques de la Ville d’Hiver à la fin du XIXe siècle. Ils ont aussi mis sur les rails le train entre Bordeaux et Arcachon. L’été, il ne désemplissait pas.

Aujourd’hui la ligne est bondée en toute saison. Car entre temps, Arcachon a grandi pour former une agglomération de 60 000 habitants sur quatre communes (Gujan Mestras, Le Teich, La Teste de Buch et Arcachon). Depuis 2002, ces quatres petites villes du sud du bassin sont réunies dans une communauté d’agglomération, la Cobas. “Plus de 70 % des actifs de l’agglomération travaillent autour du bassin, un quart seulement fait la navette quotidienne entre Arcachon et Bordeaux. Nous connaissons un développement endogène très fort autour du bassin, et des embouteillages terribles. Nous n’avions aucun mode de transport public excepté la ligne de chemin de fer des frères Pereire, qui dessert seulement cinq gares. Un système qui n’est plus adapté aux besoins de nos habitants”, décrit François Deluga, président de la Cobas et maire du Teich.

Un réseau de bus pour déboucher le bassin

Avec les autres élus du bassin, il a donc engagé un Plan de déplacements urbains (PDU) en 2003 qui a abouti à créer un réseau de transport en autobus le 1er mars dernier.

Baptisé Baïa (“bassin” en gascon), il est exploité par Veolia, également aux commandes des transports bordelais. Baïa propose un service de bus réguliers, du transport à la demande pour les habitants qui ne bénéficient pas d’un arrêt d’autobus à moins de 300 mètres de chez eux, et des transports adaptés aux personnes à mobilité réduite. Ces derniers sont confiés à un prestataire extérieur et facturés 2,1 euros par voyage. Toutes les lignes desservent les quatre cités balnéaires arcachonnaises, du lundi au samedi, de 6 heures à 19 h 30.

L’objectif est de diminuer le trafic routier et de contribuer au développement durable, car les pins des Landes frôlent l’asphyxie. En été, lorsque la population du bassin passe à 250 000 habitants, les files de voiture se pressent sans discontinuer en ville et le long des plages océanes. Pour doubler les voitures, les autobus peuvent emprunter une voie de service (qui sert également aux gardes forestiers), le long de la route express urbaine. Les deux-tiers du nouveau réseau urbain sont donc en site propre naturel.

Sept ans pour acquérir la "culture du transport"

Le coût du lancement de Baïa se monte à deux millions d’euros d’investissement, avec une dotation de 1,7 million par an versée à Veolia qui exploite les lignes régulières et les services à la demande. “Nous avons décidé d’acheter la flotte d’autobus et de minibus et surtout, de signer un contrat de délégation de service public assez court (sept ans, Ndlr) pour pouvoir dans quelques années, lorsque nous aurons acquis la culture du transport, avoir le libre choix entre la régie ou la DSP”, glisse l’élu.

LE RÉSEAU BAÏA

→ 5 lignes de bus régulières + services à la demande et transport de PMR.

→ 280 abribus.

→ 13 véhicules.

→ Investissement de départ: 2 millions d’euros.

→ Contribution forfaitaire annuelle: 1,7 million d’euros.

→ Ticket à l’unité: 1 euro, carnet de 10 tickets: 8 euros, abonnement mensuel: 20 euros, 16 euros pour les moins de 28 ans.

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Auteur

  • Nathalie Arensonas
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