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Silence, on roule…

Les constructeurs ne se contentent pas de faire des véhicules plus propres. Ils s’échinent aussi à les rendre moins bruyants, à l’intérieur comme à l’extérieur, pour les faire circuler comme sur roues de velours.

L’autobus ou l’autocar moderne se doit d’être le moins nocif possible pour son environnement. Il est de son devoir de préserver nos poumons mais également, nos tympans. Les constructeurs ont toujours cherché à réduire les nuisances sonores tant à l’extérieur qu’à l’intérieur des habitacles.

Aujourd’hui ils ne sont plus seuls dans cette quête du silence et travaillent, sans faire de bruit, avec des équipementiers spécialisés. “La France est un gros marché, car le besoin de réduire les nuisances sonores est très présent dans les transports publics”, témoigne Lionel Estube, responsable du marché automobile et transport chez Carpenter, leader mondial de la production de mousses polyuréthannes. L’usine installée dans la Drôme fournit notamment la production d’Irisbus. Le Dauphin et son partenaire ont été primés aux concours des Décibels d’Or 2006, pour les travaux réalisés sur le Citelis, l’autobus diesel le plus silencieux du marché.

La principale source de bruit sur un véhicule est son moteur. Pour qu’il se fasse moins entendre, il est nécessaire de l’encapsuler.

Faire taire le moteur

On place un isolant acoustique dans le compartiment moteur. Il s’agit de panneaux thermocompressés, revêtus d’un film polyuréthanne ou aluminium”, décrit Lionel Estube. Le bruit du moteur est alors contenu à l’intérieur du compartiment moteur. Sur le Citelis, le niveau de bruit extérieur a été abaissé de 4,7 dB au ralenti, et de 4 dB à 44 km/h. “L’oreille humaine perçoit les variations de bruit à partir de 2 à 3 décibels.” L’isolation acoustique d’un compartiment moteur répond à de nombreuses contraintes. Notamment celles des montées en température. Il ne suffit pas de cerner le moteur d’isolants phoniques. “Aujourd’hui, d’importants progrès permettent de proposer des matériaux qui répondent aussi bien aux contraintes phoniques que thermiques”.

Le confort acoustique ne concerne pas que les riverains des véhicules roulants. Les constructeurs sont également à la recherche du meilleur confort pour leurs passagers. À l’intérieur, il convient de rendre le moteur le plus discret possible. Pour cela, on installe un isolant entre la cloison arrière du compartiment moteur et l’espace passager. Celui-ci est à double face. Celle en contact avec le moteur doit, bien entendu, résister aux hausses de température.

Mousses et coussins tout doux

Sur le Citelis, nous avons mis en place le Silent Cushion (coussin silencieux), qui a des propriétés phoniques et thermiques. Du côté passagers, nous installons le Memory Foam, un complexe de mousse polyuréthanne visco élastique, associé à une masse lourde bitumineuse antivibratoire.” Sur le Citelis, le gain a été de 7,5 dB au ralenti et de 6,8 dB à 44 km/h.

Les faces latérales reçoivent également leur dose d’isolants. Des masses lourdes limitent aussi les vibrations au niveau du plancher, et les passages de roues bénéficient d’une grande attention. “Le contact du véhicule avec la route est générateur de bruits dans l’habitacle. En contenant les vibrations au niveau des essieux, on les limite beaucoup.

La climatisation est une autre source de bruits désagréables dans l’habitacle. Carpenter fournit donc des isolants phoniques et thermiques, appliqués directement sur le bloc de climatisation. “Même si ces dernières années, les systèmes proposés sur le marché ont très fortement évolué et sont de plus en plus silencieux.

Peut mieux faire?

Les autobus et autocars de demain seront-ils parfaitement insonorisés? Selon Lionel Estube, le niveau sonore actuel, notamment sur le Citelis d’Irisbus, est parfaitement acceptable. “Il reste quelques zones où nous pouvons intervenir. Notamment sur l’isolation du pavillon. Mais c’est un endroit qui, pour le moment, n’intéresse pas nos clients.” Les efforts de recherche et développement ne se concentrent plus pour le moment sur les performances des matériaux. Pour obtenir plus de quiétude, il faudrait s’affranchir du diesel, et opter pour des propulsions alternatives: GNV, GPL ou électrique. Les études menées par Carpenter visent plus la santé des portefeuilles que la préservation de l’ouïe: “Nous essayons de faire baisser les coûts de fabrication sans toucher à la qualité des produits”.

Pourtant le coût du décibel supprimé ne semble pas excessif. Sur le Citelis, si l’on exclut les 14 mois d’études, l’isolation phonique d’un exemplaire ne coûterait que quelques centaines d’euros. Sur le prix global d’un autobus, c’est plus que négligeable. D’autant plus que les panneaux en polyuréthanne ou les autres composants utilisés ne souffrent guère de l’usure. “Sauf accident, les matériaux sont conçus pour suivre la durée de vie du véhicule, même si on constate une légère altération des performances dans le temps.” Conséquence de cette longévité: les équipements anti-bruit ne se font pas entendre dans les ateliers.

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Auteur

  • David Reibenberg
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