Réuni pour son congrès à Madère, le Cediv profite de son alliance avec Manor pour développer ses services destinés aux indépendants du voyage. Et se positionner de plus en plus comme un complément ou une alternative au Snav.
Adriana Minchella, avec quelques alliés parmi lesquels Nicole et Daniel Mazeron, Marc Dominici, Gérard Beaugrand, avaient justifié la création du Centre d’études des indépendants du voyage (Cediv) par la “non prise en compte par le Snav des questions spécifiques aux agences de voyages indépendantes”.
Six ans après, le discours reste d’actualité, alors que l’on peut mesurer le chemin parcouru. Ce fut tout d’abord, en 2005, la création de la plate-forme cediv@pro, destinée à fournir en billets d’avion les agences de voyages non agréées Iata. La même année sera créé le service juridique. Vint ensuite l’accord avec Amadeus, qui mutualisait les coûts de chaque adhérent sur le compte du Cediv. Enfin, l’année dernière voyait se concrétiser l’alliance stratégique du Cediv avec le réseau Manor. “Une complémentarité qui nous permet aujourd’hui de nous concentrer sur notre mission prioritaire, celle d’apporter, au moindre coût, des services aux adhérents, alors que notre partenaire se charge des relations avec les fournisseurs, que ce soit pour leur sélection, les conditions de commissionnement, etc.”, précise Adriana Minchella, présidente du Cediv.
Cette stratégie offre de nouvelles opportunités pour les référencements. “Pour nous, il s’agit du premier accord national; c’est très important pour le développement de notre société”, reconnaît Bertrand Guislain, de Symphonie Voyages. Un échange de bons procédés puisque de son côté, Manor, dont les deux tiers de l’activité étaient générés dans le business travel, a pu se rééquilibrer au profit du tourisme. De cette façon, le nombre d’adhérents du Cediv bondit. De 24 agences en 2002, il est passé à près de 200 aujourd’hui. “Sans véritable politique de recrutement, nous sommes actuellement sur un rythme de croissance de 10 à 15 % par an”, se réjouit Adriana Minchella.
Ce rapprochement avec Manor s’est accompagné d’une adaptation des structures. Si le Cediv reste toujours régi par le statut associatif, un GIE “Cediv Services” vient d’être constitué. Il regroupe en réseau les agences de voyages, et a adhéré à Manor. En échange de quoi, le Cediv dispose auprès de Manor de certaines présidences, ou tout au moins de représentants dans les différentes commissions (juridique, transport, tourisme). L’attelage semble fonctionner et est attractif. “De tous les réseaux que j’ai côtoyés dans ma carrière, aucun ne m’a accordé autant d’écoute”, explique Fradz Faouzi, chef d’agence chez Infinity Voyages, l’une des dernières recrues du Cediv.
Des deux organismes (association et GIE), tous deux présidés par Adriana Minchella, c’est le GIE qui semble détenir les clés de la croissance. Car si la présidente a tourné le dos au Snav, beaucoup adhèrent conjointement au syndicat national et au Cediv. Ainsi Jean-Claude Journeau (Jovitour) ou Denis Pollet (Voyages Auchan). “Dans chacun de ces organismes, nous trouvons notre intérêt. C’est pourquoi nous maintenons nos deux adhésions”, expliquent-ils de concert. Par rapport aux autres, le Cediv affirme sa ligne: pas de politique d’enseigne contraignante, ni de norme pour les points de vente, une structure administrative réduite limitant les coûts, des services externalisés, pas de centrale de paiement…
Sur plusieurs points, Adriana Minchella annonce néanmoins de prochains changements. “Nous allons proposer à nos fournisseurs un système de garantie de paiement. Il nous arrive d’Italie et nous le concoctons avec la banque Intesa. Il n’en coûtera à nos adhérents qu’entre 0,6 et 1 % du montant des ventes”. “Nous préparons aussi le lancement d’un site à la fois b to b et b to c, dont le nom est encore en réflexion”, ajoute-t-elle. Des services qui devraient être présentés et entérinés lors de la prochaine assemblée générale de Cediv Services, du 12 au 16 juin en Égypte. Enfin, il est question de la création d’un logo destiné à habiller la communication du Cediv.
En marge du congrès du Cediv, Christian Orofino, directeur du groupe Pauli, partenaire principal de l’opération, lance une consultation visant à sensibiliser chacun sur la question du coût des brochures. "Avec deux millions de catalogues édités par an, le coût supporté par notre groupe représente le deuxième poste budgétaire le plus important derrière les salaires", déclare-t-il.
Un constat d’autant plus regrettable que, selon lui, 40 % de ces brochures sont jetées à la poubelle!
Certes, le groupe Pauli est référencé par l’ensemble des réseaux de distribution, ce qui fait au total plus de 4 000 points de vente (dont 2 600 actifs).
"Une solution consisterait à réduire le nombre de nos brochures (25 à ce jour). Mais il est prouvé que chaque fois que nous concentrons l’offre, nous diminuons les ventes, ce qui n’est pas notre objectif", ajoute Christian Orofino. D’où cet appel à idées. Conscient que cette question est consensuelle, puisqu’elle touche l’ensemble des producteurs, petits et grands, le directeur du groupe Pauli souhaite l’élaboration d’une charte du comportement responsable en matière d’utilisation des catalogues. "Il s’agit d’épargner des forêts entières", précise-t-il.
