À Paris, c’est nécessairement auprès de la RATP que se font les demandes de location de bus pour les tournages de films. La procédure est spécifique, bien rôdée, mais assez onéreuse.
Grégory Valais compte à son actif pas moins de 25 films en tant que régisseur. C’est à lui que revient la délicate tâche de louer les véhicules nécessaires pour servir l’histoire d’un film. Des autobus, il en avait déjà utilisé quelques-uns. Mais pour Le Nouveau Protocole, le film que le réalisateur Thomas Vincent vient de finir de tourner à Paris, la demande était un peu particulière. "Dans le scénario, les deux rôles principaux (Clovis Cornillac et Marie-Josée Croze), poursuivis par la police, prennent la fuite grâce à un bus. C’est un véritable élément de la narration", explique Grégory Valais. "Et avec des cascades lorsque le conducteur doit freiner brusquement", renchérit Karine Le Hongre-Richard. C’est elle qui gère pour la RATP toutes les demandes de location pour les tournages de cinéma, de télévision, et de films publicitaires (une dizaine par an). "Pour accepter un dossier, j’ai besoin de lire le scénario, afin de connaître les besoins précis (c’est-à-dire le type de matériel à mettre à disposition et les lieux où l’acheminer), mais aussi pour savoir si le projet ne nuit pas à l’image de la RATP".
En fait, elle refuse rarement un marché. Karine Le Hongre-Richard recherche le modèle de bus souhaité (contemporain ou de patrimoine), le met à disposition d’un agent de la RATP pour l’acheminer sur le lieu du tournage et, le cas échéant, pour le conduire. "Pour ce film, la demande était particulière, les trois bus de type Man étaient conduits par des cascadeurs, titulaires du permis transports en commun, mais supervisés par nos agents."
La RATP s’occupe des assurances matérielles et corporelles nécessaires. Le forfait de base s’élève à 1 530 euros HT. "Mais là-dessus, explique Grégory Valais, il nous a fallu rajouter les frais d’une assurance spécifique puisqu’il y avait des cascades. Et comme l’action se déroulait sur des lignes régulières, nous n’avons eu le droit de tourner qu’en dehors des heures de grand trafic (la nuit ou le week-end et jours fériés). Ce qui a majoré encore les coûts. Enfin, il faut y ajouter les nécessaires modifications des panneaux publicitaires sur les flancs et les culs de bus, le démontage de la lunette arrière pour certains angles de prises de vues. Le plus difficile, c’est de faire coïncider les demandes du réalisateur avec les contraintes du loueur d’autobus. Si tout s’est très bien passé avec la RATP, louer du matériel à des collectionneurs ou à de gros transporteurs – ce qui n’était pas possible dans ce cas – reste moins onéreux". Pour ce tournage, la note s’est élevée à 22 000 euros pour trois jours de tournage!
