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"Notre champ d’action est clairement mondial"

Le carrossier PVI vient de créer avec l’Iranien Shahab Khodro une société commune: France Method Kish (FMK). Son objectif: atteindre de nouveaux standards de qualité pour profiter de l’essor attendu du marché iranien.

Le carrossier constructeur ne donne pas uniquement dans le véhicule électrique. En devenant le partenaire d’un poids lourd iranien comme Shahab Khodro, PVI, basé en Ile-de-France, affiche clairement un changement d’échelle et d’ambition au-delà de l’Hexagone. Pierre Godbillon, le directeur de France Method Kish (FMK), revient pour Bus & Car sur les conditions de ce rapprochement et détaille les objectifs de la nouvelle structure.

Comment s’est opéré le rapprochement avec Shahab Khodro?

– Nous collaborons avec ce constructeur depuis 1993. Nous les assistons dans le développement de leurs produits réalisés avec des composants Renault Trucks. Nous leur apportons notre ingénierie pour optimiser l’assemblage de leur SK 2612, un autobus à plancher haut qui existe en version GNV, mais qui est resté au cap Euro 2 en diesel. C’est pour renforcer nos liens que nous avons créé France Method Kish (FMK).

Comment se compose l’actionnariat de cette société, et en quoi consiste son activité?

– FMK est une entreprise de droit iranien, installée à Téhéran, détenue à 51 % par PVI et à 49 % par Shahab Khodro. Elle a pour mission d’approvisionner en organes et pièces de première monte l’usine de Shahab Khodro. Elle va aussi apporter une assistance technique soutenue en vue du développement de la nouvelle gamme du constructeur. L’objectif est de répondre à la norme Euro 3 qui doit entrer en vigueur en 2009 en Iran.

Voulez-vous exporter la production de Shahab Khodro hors des frontières iraniennes?

– Non, il y a déjà fort à faire sur le plan domestique. En 2006, Shahab Khodro a produit 1 116 véhicules. Mais sa capacité de production est bien supérieure. Il est parfaitement plausible d’atteindre les 2 500 unités. Pour cela toutefois, il faut de la méthode. Le marché va prendre de plus en plus d’ampleur. En 2006, les autorités ont lancé un plan quinquennal de rénovation du parc de véhicules urbains qui promet l’immatriculation de 8 000 unités par an. Cela ne concerne pas uniquement les autobus, mais augure de l’importance du marché. FMK doit permettre à Shahab Khodro d’assumer ses ambitions dans ce marché en expansion.

Le plan de développement produits a-t-il été défini?

– Il va s’agir essentiellement de moderniser le SK 2612, de le faire passer au stade Euro 3 et de revoir la copie de l’offre GNV. Cela se fera avec une version low entry, et nous allons également travailler sur des midibus de huit et neuf mètres, ainsi que sur une version articulée. FMK a commencé son travail de recherche de composants. Nous consultons les différents fournisseurs potentiels.

Notre champ d’action est clairement mondial. L’objectif est d’obtenir le meilleur rapport qualité / prix pour permettre à Shahab Khodro de rester compétitif sur son marché. C’est également la raison pour laquelle les véhicules sont réalisés avec un maximum de matériaux locaux. Cela permet d’optimiser les coûts de fabrication.

Les véhicules à plancher surbaissé ont-ils déjà fait leur apparition sur le marché iranien?

– On en croise quelques-uns, mais ils sont loin d’être légion. Le parc est encore composé, dans une écrasante majorité, de véhicules à plancher classique. Il est de ce fait impératif de développer la version LE du SK 2612.

Quels types d’organes pourriez-vous fournir au constructeur, et chez qui pourriez-vous les acheter?

– La méthode employée par les constructeurs turcs est bien appréciée en Iran. De ce fait, nous allons surtout nous focaliser sur la recherche de chaînes cinématiques. Dans un premier temps, nous allons essayer de travailler avec des mécaniques européennes. Elles ont fait leur preuve, et PVI est une so- ciété européenne, ce qui nous permet de bien connaître les produits développés sur le Vieux Continent.

Par ailleurs, Shahab Khodro travaille depuis près de 15 ans avec Renault Trucks dont les moteurs donnent entière satisfaction. Nous nous sommes donc naturellement tournés vers ce partenaire de longue date, sans pour autant négliger les autres acteurs. Nous observons également l’offre chinoise qui se développe bien. D’autant plus que les constructeurs de l’empire du Milieu sont des concurrents directs de Shahab Khodro en Iran.

Comment jugez-vous l’outil industriel de Shahab Khodro?

– L’usine est en bon état. Les cabines de peinture viennent d’être modernisées. Il faut travailler sur les méthodes et l’organisation. FMK apportera son concours sur ce plan, même si, dans un premier temps, la priorité va au développement des nouveaux produits. Pour l’instant la qualité de finition est cependant très éloignée des standards occidentaux. La production de Shahab Khodro consiste surtout en des bus économiques avec une bonne base mécanique.

Quels bénéfices PVI va-t-elle tirer de l’activité de FMK?

– En devenant l’acheteur d’un poids lourd comme Shahab Khodro, nous aurons plus de latitude dans nos négociations avec les fournisseurs. Nous aurons la possibilité de bénéficier de prix de volume. Cela pourra profiter à notre activité de fabricant de châssis, notamment dans le domaine des véhicules spéciaux.

Par ailleurs, le partenariat avec Shahab Khodro est ouvert, il pourrait ne pas se limiter aux autobus. Un accès plus important au marché iranien ne peut être que profitable. Enfin, PVI change de scène pour s’exprimer. Nous ne nous limitons plus à l’Hexagone, cela nous permettra à terme d’afficher d’autres ambitions.

Envisagez-vous d’utiliser la collaboration avec Shahab Khodro comme une vitrine de votre savoir-faire en matière d’ingénierie?

– Ce n’est pas le but. La création de FMK s’explique par la capacité de réactivité d’une entreprise à taille humaine comme PVI. C’est la continuité assez logique d’une collaboration pérenne. S’il y a une publicité à faire, c’est essentiellement auprès de nos fournisseurs. Quand nous appellerons un motoriste demain, il faut qu’il soit conscient que nous sommes susceptibles de représenter un portefeuille de plus de 2 000 moteurs. Avant d’afficher d’autres ambitions, il nous faudra d’abord bien maîtriser cette nouvelle aventure.

Quels sont les objectifs de FMK?

– Nous sommes en train de finaliser le business plan. Sans avancer de chiffres, notre but est de donner à Shahab Khodro les atouts pour profiter pleinement de l’explosion promise du marché iranien. On estime que le retour sur investissement devrait se faire dans les deux ans. Compte tenu des perspectives commerciales, c’est parfaitement envisageable.

L’Iran n’est pas le pays qui jouit de la meilleure presse. La finalisation de cet accord vous a-t-elle posé des problèmes sur le plan éthique?

– Nous travaillons avec ce constructeur depuis suffisamment d’années pour nous être rendu compte qu’il y avait une différence entre les relations politiques et les accords commerciaux. Les rapports que nous entretenons avec nos interlocuteurs sont on ne peut plus clairs et courtois. Les sanctions imposées par l’ONU sont précisément encadrées, et le commerce des cars et bus ne souffre d’aucune restriction. La résolution 1747 indique même qu’il est de bon ton de favoriser les échanges et de développer la coopération économique avec l’Iran.

Tant que les relations restent dans le cadre professionnel, il n’y a aucune raison de se poser des problèmes d’ordre éthique.

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Auteur

  • David Reibenberg
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