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Dubaï crée son réseau sans compter

Pour faire face à son extension folle, la ville va développer des transports publics high tech qui rivaliseront de luxe.

La mission d’Abdumajeed Al Kahjah, directeur de la RTA (Road Transport Authority) de Dubaï tient du mirage. Il doit faire sortir du désert un réseau de transport public complet et cohérent avec des moyens quasi illimités. "L’argent n’est pas un problème pour nous, explique-t-il, nous pouvons donc choisir les meilleures solutions technologiques du moment pour répondre à nos besoins".

En ce sens, Dubaï pourrait vite devenir un eldorado pour les industriels occidentaux du transport de voyageurs, et un exemple pour les réseaux qui cherchent à croître. La conférence donnée par la RTA dans le cadre du congrès de l’UITP a donc attiré bon nombre de curieux. Les besoins de l’agglomération de Dubaï sont en effet gigantesques à l’horizon 2020. Confrontée à une augmentation exponentielle des ventes de voitures, soumise à un engorgement permanent des routes par des automobilistes au sens civique fort peu développé, la ville va aussi connaître une croissance très importante. Elle occupe aujourd’hui 500 km2, elle s’étendra en 2020 sur plus de 2 000 km2."Pour l’instant, nos concitoyens ont le sentiment que les transports publics sont inexistants et surtout réservés aux pauvres", poursuit Abdumajeed Al Kahjah.

Conscientes des enjeux environnementaux et sociaux, les autorités de Dubaï ont donc alloué un premier budget de 26 milliards de dollars à la RTA pour mettre en œuvre un plan de développement sur 13 ans. Coincée entre le golfe Persique et le désert, à cheval sur le fleuve Khor Dubaï, la cité va s’étendre à la fois sur le désert et sur la mer. Elle a donc besoin de voie ferrées, de routes et de ponts. Les projets ressemblent à une liste à la Prévert. D’ici 2020, la RTA procèdera à la réalisation de 500 kilomètres de routes nouvelles, dont neuf périphériques, de 22 ponts là où il n’en existe actuellement que trois, de 318 kilomètres de métro, de 3 000 kilomètres de lignes de bus et de 210 kilomètres de lignes maritimes. Le métro formera l’ossature du système, avec des stations d’un luxe encore inconnu. "Nos concitoyens sont habitués au luxe des centres commerciaux et des lieux de vie, poursuit le responsable, il faut donc que le métro soit à la hauteur si nous voulons les y attirer."

Les lignes de bus, en site propre pour la majorité, seront mise en œuvre en fonction du réseau souterrain, avec un système pointu de gestion des correspondances. Plus de 500 bus sont maintenant en service et 700 ont déjà été commandés avec des classes spécifiques pour les femmes et les enfants. Tous les abribus seront climatisés.

Comme tout cela ne suffira peut-être pas pour attirer durablement la clientèle, un péage urbain sera mis en place, les coûts du parking en centre ville devraient fortement augmenter, un système strict d’immatriculation environnementale sera appliqué et des zones piétonnes verront le jour. Enfin, la RTA devrait favoriser les modes de déplacement doux, notamment le vélo, même si le climat particulièrement chaud de la région n’est guère propice à son développement. Dubaï est déjà un rêve d’architecte, il sera demain un mythe dans le monde des transport publics.

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  • P. C.
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