"Nous allons enfin pouvoir entreprendre le redressement de la compagnie!" Le président de la SNCM, Gérard Couturier, ne cachait pas son soulagement le 5 juin, au lendemain de la décision du Conseil d'État de rejeter la requête en annulation de la procédure d'attribution de la délégation de service public (DSP) déposée par Corsica Ferries. Deux jours plus tard, l'assemblée territoriale de Corse a donc pu attribuer la DSP portant sur les liaisons maritimes entre Marseille et la Corse entre 2007 et 2013 au duo SNCM-CMN.
Veolia, qui avait fait de cette DSP une des conditions à son maintien au capital de la SNCM, va donc mettre en place le plan social retardé depuis un an. Il prévoit 400 réductions de postes, sans licenciement. Les négociations avec le personnel prendront le reste de l'année 2007, le dégraissage intervenant en 2008. Pour l'instant, la SNCM emploie 2 400 salariés pour une flotte de 11 navires contre 1 200 collaborateurs et 13 bateaux chez Corsica Ferries. Après plus de 20 millions d'euros de pertes en 2004, 2005 et 2006, la SNCM prévoit d'arriver à l'équilibre en 2008. Dans le même temps, Corsica Ferries a toujours conservé des comptes positifs, en partie grâce au succès commercial qui a vu l'armement italo-suisse passer en six ans de 12 à 55 % de parts de marché, pendant que la SNCM plongeait de 82 à 37 %. Il reste encore un écueil de taille sur la route de la SNCM. L'Union européenne conduit une enquête sur les conditions de la privatisation de la SNCM, dont les conclusions sont attendues pour l'automne prochain.
